Le bien-être des jeunes enfants au Canada - Rapport du Gouvernement du Canada 2008

Chapitre 3 — L'état de santé des jeunes enfants au Canada

Points saillants

Au Canada, en 2004-2005 :

  • 81,8 % des bébés avaient un poids normal à la naissance (2004).
  • 91,7 %des bébés sont nés à terme ou à une date ultérieure (2004).
  • Le taux de mortalité infantile était de 5,5 décès pour 1000 naissances vivantes (2004).
  • 8,8 % des enfants de 5 ans et moins faisaient de l'asthme selon un diagnostic posé par un médecin.
  • 10 %des enfants de 5 ans et moins souffraient d'au moins une allergie déclarée.
  • La leucémie était le type de cancer le plus fréquent chez les jeunes enfants (2003).
  • La majorité des blessures pour lesquelles les jeunes enfants ont été traités à l'hôpital était attribuable à une chute accidentelle.

3.1 Indicateurs relatifs à la naissance

3.1.1 Poids normal à la naissance

…Plus de huit enfants sur dix avaient un poids normal à la naissance

En 2004, 81,8 %des enfants avaient un poids normal à la naissance. La proportion de bébés de faible poids à la naissance (poids inférieur à 2500 grammes) a augmenté, passant de 5,8 % en 2002 à 5,9 %en 2004, alors que la proportion d'enfants ayant un poids élevé à la naissance (poids supérieur à 4000 grammes) a diminué, passant de 13,2 % en 2002 à 12,3 % en 2004.

L'incidence de faible poids à la naissance est systématiquement plus élevée parmi les filles. En 2004, 6,3 % des filles avaient un faible poids à la naissance, comparativement à 5,6 % des garçons.

À l'opposé, le poids des garçons est systématiquement plus élevé que celui des filles à la naissance. En 2004, 15,1 %des garçons avaient un poids élevé à la naissance, comparativement à 9,2 % des filles.

Figure 2: Pourcentage des enfants de faible poids et de poids élevé à la naissance, selon le sexe, entre 1998 et 2004
Description texte de la Figure 2

…tandis que dans d'autres pays

Parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le pourcentage moyen des bébés ayant un faible poids de naissance était de 6,6 % en 2005. Le Canada, avec un taux de faible poids à la naissance de 5,9 %, soit un taux inférieur à la moyenne de l'OCDE, se situait au neuvième rang parmi les 30 pays membres de l'OCDE.7 Avec des taux de 5 % ou moins, les pays nordiques (l'Islande, la Finlande, la Suède, la Norvège et le Danemark) ainsi que la Corée, le Luxembourg et l'Irlande étaient les pays où l'on enregistrait le moins de bébés ayant un faible poids à la naissance. C'est en Turquie, au Japon, en Grèce, au Mexique, en Hongrie et aux États Unis, où le pourcentage était de 8 % ou plus, que l'on comptait le plus grand nombre de bébés de faible poids à la naissance.

La proportion des nouveau-nés de faible poids a augmenté de 7 % au Canada entre 2000 et 2005. Ce taux est comparable à l'augmentation moyenne dans les pays de l'OCDE (5 %), et il identique à celle enregistrée aux États-Unis (7 %). Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces augmentations, notamment la croissance régulière du nombre de naissances multiples, qui résulte en partie de l'augmentation du nombre de traitements contre la stérilité, du fait que les femmes deviennent enceintes à un âge plus avancé et du recours plus fréquent à des techniques comme le déclenchement artificiel du travail et l'accouchement par césarienne.8

Figure 3: Pourcentage des bébés de faible poids à la naissance dans les pays de l'OCDE, 2005
Description texte de la Figure 3

Pourquoi est-ce important?

Le faible poids à la naissance est considéré comme un important indicateur de la santé. Les facteurs de risque associés à une insuffisance pondérale à la naissance sont : le faible statut socioéconomique des parents, l'âge avancé de la mère et les grossesses multiples, les comportements nocifs comme la consommation de tabac, la consommation excessive d'alcool et la malnutrition, et des soins prénataux de piètre qualité.9 En outre, le niveau de scolarité et le revenu, ainsi que les conditions de vie qui y sont associées, peuvent influer sur l'incidence de faible poids à la naissance.10

Il existe deux causes à l'insuffisance pondérale d'un nouveau-né : la prématurité et le retard de croissance intra-utérine.11 Il a été démontré que, dans ce dernier cas, le faible poids de naissance entrave le développement tout au long de la vie et qu'il est lié à une incidence plus élevée de maladies chez l'adulte, notamment le diabète de type 2, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires.12

Un poids élevé à la naissance constitue un facteur de risque pour un certain nombre de problèmes de santé, immédiats ou à long terme, notamment des complications pendant l'accouchement, la dystocie des épaules, un taux plus élevé d'accouchements par césarienne, le diabète et l'obésité pendant l'enfance et à l'âge adulte.13 On a aussi constaté un lien entre un poids élevé à la naissance et l'obésité maternelle, une gestation prolongée et le diabète chez la mère (diabète gestationnel, intolérance au glucose ou diabète insulinodépendant).14 Une analyse des données de l'ELNEJ révèle que les garçons, les enfants du deuxième rang et des rangs suivants, les enfants nés d'une mère plus âgée, plus scolarisée et non fumeuse, les enfants issus de familles biparentales et ceux issus de familles ayant un statut socioéconomique élevé sont plus nombreux à présenter un poids élevé à la naissance.15 Un lien a également été établi entre la santé de la mère et un poids élevé à la naissance (p. ex. absence de dépression du post-partum; absence d'hypertension et d'utilisation de médicaments sur ordonnance pendant la grossesse).16

3.1.2 Taux de naissances prématurées

…Le taux de naissances prématurées augmente toujours

Le taux de naissances prématurées correspond au pourcentage des nouveau-nés dont l'âge gestationnel est inférieur à 37 semaines complètes (ou 259 jours). En 2004, 7,9 % des naissances étaient prématurées, une augmentation par rapport au taux de 7,5 % enregistré en 2002. Parmi les autres nouveau-nés, qui représentent 92,1 % de toutes les naissances, 91,1 % sont nés à terme (à un âge gestationnel se situant entre 37 et 41 semaines complètes), 0,6 % sont nés après terme (à un âge gestationnel de 42 semaines ou plus) et, dans le cas de 0,3 % 0 des nouveau-nés, leur âge gestationnel n'a pas été enregistré.17

Les garçons sont plus nombreux à naître prématurément. En 2004, 8,4 % des garçons étaient prématurés, comparativement à 7,5 % des filles.

Figure 4: Taux de naissances prématurées, selon le sexe, 1998 à 2004
Description texte de la Figure 4

Pourquoi est-ce important?

Les bébés nés prématurément présentent toujours un grand défi pour les professionnels de la médecine périnatale.18 Au Canada comme dans d'autres pays développés, la prématurité est la cause la plus importante de mortalité infantile, de maladie et d'invalidité.19 Parmi les prématurés, les nouveau-nés dont l'âge gestationnel est de 32 semaines ou moins sont ceux qui courent le plus grand risque de décéder ou d'avoir des problèmes de santé. Ceux qui naissent après 32 à 36 semaines de grossesse, soit la majorité des prématurés, sont plus à risque que les bébés nés à terme d'avoir des problèmes de santé et de développement. Plus précisément, ces bébés sont plus susceptibles de connaître des complications respiratoires, gastrointestinales, du système immunitaire, du système nerveux central, de l'ouïe et de la vision. Les problèmes à long terme pouvant affecter ces prématurés comprennent la paralysie cérébrale, la déficience mentale, visuelle ou auditive, les problèmes de comportement et les troubles socio-affectifs, des difficultés d'apprentissage, un mauvais état de santé général et des retards de croissance.20

3.1.3 Taux de mortalité infantile

…Le taux de mortalité infantile demeure relativement stable au Canada

Le taux de mortalité infantile correspond au nombre de nourrissons qui décèdent au cours de leur première année de vie, par tranche de 1000 naissances vivantes. Au Canada, en 2004, le taux de mortalité infantile était de 5,3 décès pour 1 000 naissances vivantes. Après avoir connu une chute très marquée au 20e siècle, le taux de mortalité infantile canadien s'est stabilisé, puisqu'on enregistre quelque 5,3 décès pour 1 000 naissances vivantes depuis 1998.

Le taux de mortalité infantile est systématiquement plus élevé parmi les garçons que parmi les filles. En 2004, il était de 5,5 décès pour 1 000 naissances vivantes chez les garçons et de 5 décès pour 1 000 naissances vivantes chez les filles.

…tandis que dans d'autres pays

En 2005, le taux de mortalité infantile moyen des pays de l'OCDE était de 5,4 décès pour 1000 naissances vivantes. Le Canada se situait au 24e rang parmi les 30 pays de l'OCDE pour ce qui est du taux de mortalité infantile, le taux le plus faible (entre 2 et 3 décès pour 1000 naissances vivantes) ayant été enregistré au Japon, dans les pays nordiques (à l'exception du Danemark) et au Luxembourg, et les taux les plus élevés ayant été observés au Mexique et en Turquie (où les taux respectifs de mortalité infantile étaient de 19 et de 24 décès pour 1 000 naissances vivantes).21

L'écart entre les taux de mortalité infantile des différents pays s'explique en partie du fait que les méthodes d'enregistrement des enfants prématurés diffèrent d'un pays à l'autre (certains les enregistrent dans la catégorie des naissances vivantes et d'autres dans la catégorie des mortalités intra-utérines). Dans plusieurs pays, comme le Canada, les États-Unis, le Japon et les pays nordiques, les bébés très prématurés, dont les chances de survie sont relativement faibles, sont enregistrés dans la catégorie des naissances vivantes, ce qui accroît le taux de mortalité dans ces pays comparativement au taux de mortalité affiché par les pays où les grands prématurés ne sont pas enregistrés dans la catégorie des naissances vivantes.

Pourquoi est ce important?

Le taux de mortalité infantile sert souvent à mesurer l'état de santé ou le degré de développement d'un pays. Dans le monde développé, en particulier, il indique dans quelle mesure la société répond aux besoins fondamentaux des enfants : alimentation suffisante, eau salubre, installations sanitaires sûres et services de prévention sanitaire de base.22 Le taux de mortalité infantile peut aussi constituer une façon de mesurer « le degré de fidélité des pays à leur idéal de protéger chaque grossesse »,23 y compris au sein des populations marginalisées, en prenant toutes les mesures de précaution et de prévention nécessaires, depuis les contrôles prénatals réguliers jusqu'à la disponibilité de soins obstétriques d'urgence.

Dans un certain nombre de pays où les revenus sont élevés, la tendance à la baisse des taux de mortalité infantile s'est stabilisée au cours des dernières années, ce qui pourrait s'expliquer par le fait que les femmes ont leurs enfants de plus en plus tard et que le nombre de grossesses multiples augmente en raison des traitements contre la stérilité, d'où une multiplication des naissances prématurées. Les deux tiers environ des décès qui surviennent au cours de la première année de vie sont des décès néonataux, c'est-à-dire des décès qui surviennent au cours des quatre premières semaines de vie. Dans les pays de l'OCDE, les principales causes de mortalité néonatale sont les malformations congénitales, la prématurité et d'autres problèmes survenus pendant la grossesse. Pour les décès de nourrissons de plus d'un mois, les causes possibles sont plus variées, les plus courantes étant le syndrome de mort subite du nourrisson, les anomalies congénitales, les infections et les accidents.24

3.2 Allergies et asthme

3.2.1 Allergies

…10 % des jeunes enfants souffrent d'au moins une allergie

En 2004-2005, 10 % des enfants de 5 ans et moins avaient au moins une allergie déclarée, ce qui représente une diminution par rapport au taux de 10,7 % enregistré en 2000-2001. Parmi les allergies déclarées, les allergies alimentaires étaient les plus courantes.

Les garçons sont plus nombreux à souffrir d'allergies. En effet, 11,2 % des garçons de 5 ans et moins ont au moins une allergie déclarée, comparativement à 8,7 % des filles.

Tableau 1 - Prévalence des allergies déclarées parmi les enfants de cinq ans et moins (%)
  2000-2001 2002-2003 2004-2005
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, 4e cycle (2000-2001) au 6e cycle (2004-2005).
Enfants ayant au moins une allergie déclarée 10,7 10,2 10
Allergie respiratoire 2,8 2,2 2,3
Allergie alimentaire et autres 7,9 8 7,7
Allergie alimentaire 3,9 4,5 5
Autres allergies 5,4 5 4,3
Enfants n'ayant aucune allergie déclarée 89,3 89,8 90

3.2.2 Asthme

…Le nombre de jeunes enfants qui faisaient de l'asthme, selon un diagnostic posé par un médecin, continue de diminuer

En 2004-2005, on signalait un diagnostic médical d'asthme chez 8,8 % des enfants de 5 ans et moins, ce qui constitue une diminution par rapport au taux de 9,9 % enregistré en 1998-1999.

L'asthme continue de toucher davantage de garçons (11,2 %) que de filles (6,2 %). Comme dans le passé, il est plus présent dans les centres urbains qu'en milieu rural. En effet, 11,5 % des garçons et 6,3 % des filles vivant en milieu urbain souffrent d'asthme déclaré, comparativement à 8,6 % des garçons et 5,9 % des filles vivant en milieu rural. Depuis 1998-1999, la prévalence de l'asthme a diminué dans tous les groupes, sauf dans celui des filles de cinq ans et moins des milieux ruraux.

Les enfants dont un des parents est fumeur sont plus nombreux à souffrir d'asthme que les enfants de parents non fumeurs.25

Figure 5: Prévalence des cas d'asthme diagnostiqués chez les enfants de 5 ans et moins, 1998 – 1999 à 2004 – 2005
Description texte de la Figure 5

3.2.3 Pourquoi est-ce important?

Le nombre de cas d'affections allergiques a énormément augmenté au cours des dernières décennies.26 Ces affections surviennent lorsque le système immunitaire est inhabituellement sensible et qu'il produit une réaction excessive en présence de substances courantes qui ne présentent normalement pas de danger, comme le pollen, les moisissures, les squames animales, la poussière, certains aliments, le venin de certains insectes et les médicaments. Les affections allergiques comprennent les affections atopiques (maladies allergiques d'origine génétique, comme le rhume des foins, l'asthme et la dermatite atopique) et diverses maladies comportant une composante allergique (rhinite, conjonctivite, asthme, dermatite, urticaire et syndrome anaphylactique).27

Les affections allergiques nuisent à la qualité de vie et font grimper le coût des soins de santé.28 Les enfants qui ont des allergies doivent parfois manquer l'école et se priver de certaines activités de loisirs, et réduire leurs activités en général. Toutefois, il est possible de contrôler et de prévenir les maladies allergiques en apprenant à les soigner, et d'atténuer leurs symptômes en apprenant à reconnaître les facteurs qui déclenchent les réactions allergiques.29 Les résultats de recherches indiquent également qu'il est possible de réduire la prévalence de l'asthme chez les enfants à haut risque au moyen d'interventions pratiquées très tôt (avant la naissance ou au cours de la première année de l'enfant).30

3.3 Le cancer chez les enfants

…La leucémie est le cancer le plus répandu parmi les enfants de quatre ans et moins

En 2004, quelque 370 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués chez les enfants de 4 ans et moins. Les cancers les plus répandus étaient la leucémie, les tumeurs du système nerveux central, le neuroblastome, la tumeur de Wilms, le rétinoblastome et les lymphomes. Pris globalement, ces types de cancer comptaient pour plus de 85 % de tous les nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les enfants de la naissance à 4 ans.

Tableau 2 - Incidence des nouveaux cas de cancer chez les enfants de la naissance à 4 ans (par tranche de 100 000 personnes)
  1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Source : Agence de santé publique du Canada, à partir de données provenant du Registre canadien du cancer et de la Division des statistiques sur la santé de Statistique Canada. Les différents types de cancer ont été classifiés au moyen de la Classification internationale du cancer chez les enfants CICE 3 (fondée sur la Classification internationale des maladies. Oncologie. 3).
Leucémie 9,1 10,3 8,7 8,5 7,6 8,2 8,3
Tumeurs du système nerveux central 4,5 2,5 4,0 3,7 3,4 3,0 3,6
Neuroblastome 3,2 2,6 2,3 3,0 3,4 3,0 2,8
Tumeur de Wilms 2,7 2,0 1,3 1,6 1,9 2,0 1,9
Rétinoblastome 1,0 1,1 1,5 1,0 1,0 0,8 1,0
Lymphomes 0,8 1,4 1,2 1,1 0,9 1,2 0,9
Tous les types de cancer chez les enfants 24,3 23,4 21,9 22,1 21,2 21,3 21,6

Depuis 1998, le taux d'incidence global de nouveaux cas de cancer est systématiquement plus élevé parmi les garçons que parmi les filles. En 2004, le taux d'incidence de cancer infantile chez les garçons de 4 ans et moins était de 22,9 nouveaux cas par 100 000, comparativement à 20,2 nouveaux cas par 100 000 parmi les filles du même âge.

Pourquoi est-ce important?

Le cancer touche rarement les enfants et les adolescents. En fait, 1 %, environ, de tous les nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués dans ce groupe d'âge31. Néanmoins, le cancer est la principale cause de décès lié à la maladie chez les enfants canadiens,32 le taux d'incidence étant supérieur dans les cinq premières années de la vie.33

Chez les enfants, le cancer est plus diversifié que chez les adultes, et il comporte une proportion beaucoup plus élevée de cancers d'origine hématopoïétique (systèmes sanguin et lymphatique). Le traitement du cancer s'est considérablement amélioré au cours des dernières années. En fait, selon une étude récente, le taux de survie prévu après 5 ans pour les enfants et les adolescents a beaucoup augmenté au Canada depuis la fin des années 1980, et il atteint aujourd'hui 82 %.34 Les améliorations des taux de survie peuvent généralement être attribuées à un certain nombre de changements apportés à la gestion des cancers chez les enfants et les adolescents.

3.4 Taux d'hospitalisations à la suite de blessures

… La proportion d'enfants qui ont dû se rendre à l'hôpital parce qu'ils ont subi des blessures non intentionnelles a considérablement diminué, tant chez les enfants de moins de un an que chez les enfants de un à quatre ans

En 2004-2005, 1 171 enfants de moins de un an ont dû être hospitalisés pour recevoir des soins à la suite de blessures non intentionnelles. Le taux d'hospitalisations à la suite de blessures était alors de 348,1 enfants par 100 000. Ce taux était inférieur à celui de 1998-1999, qui s'établissait à 438,9 enfants par 100 000.

Les quatre principales causes de blessures non intentionnelles exigeant une hospitalisation chez les enfants de moins de un an sont, par ordre de prévalence, les chutes,35 les empoisonnements, les suffocations et le contact avec une substance ou un objet chaud. Ces facteurs sont responsables de 70 % des cas d'hospitalisation découlant de blessures non intentionnelles.

En 2004-2005, 4 995 enfants âgés de 1 à 4 ans ont été hospitalisés à la suite de blessures non intentionnelles, pour un taux de 365 enfants par 100 000, soit un taux inférieur à celui de 1998-1999, qui s'établissait à 465,3 enfants par 100 000.

Les chutes et les empoisonnements étaient à l'origine de la majorité des blessures (plus de 55 %) qui ont exigé l'hospitalisation de ces enfants.

Dans les deux groupes d'âge, le taux d'hospitalisations à la suite de blessures est systématiquement plus élevé chez les garçons.

Tableau 3: Hospitalisations résultant de blessures non intentionnelles, selon le groupe d'âge, 2004-2005; taux par 100 000 (Tous les types de blessures non intentionnelles et principales causes à l'échelle nationale)
 

Enfants de moins de 1 an

Enfants de 1 à 4 ans - inclusive

 

Les deux sexes

Filles

Garçons

Les deux sexes

Filles

Garçons

Nota : Blessure non intentionnelle = accident : événement imprévu non associé à une intention de causer du mal, une blessure ou la mort, mais qui a causé une blessure. Les chutes ne comprennent pas les cas de fractures dont la cause n'a pas été précisée.
F Données insuffisamment fiables pour être publiées.
Source : Analyse par l'Agence de santé publique du Canada de données tirées de la base de données sur la morbidité hospitalière de l'Institut canadien d'information sur la santé (exercice financier 2004-2005).

Toutes les blessures non intentionnelles

348,1

322,1

372,8

365,0

322,3

405,8

Principales causes :

           

Chutes

1
(172,1)

1
(154,6)

1
(188,7)

1
(148,1)

1
(133,4)

1
(162,2)

Empoisonnements

2
(29,4)

2
(31,8)

2
(27,2)

2
(56,2)

2
(52,8)

2
(59,4)

Suffocations

3
(19,3)

4
(15,9)

3
(22,6)

6
(6,4)

6
(4,5)

6
(8,3)

Contact avec une substance ou un objet chaud

4
(18,1)

3
(17,1)

4
(19,1)

4
(20,3)

3
(18,4)

4
(22,2)

Choc donné ou reçu (objet, personne ou animal)

5
(9,5)

5
(9,2)

5
(9,8)

3
(20,8)

5
(16,3)

3
(25,2)

Nature/environnement

6
(3,6)

F

F

5
(18,8)

4
(16,9)

5
(20,6)

Pourquoi est ce important?

Les blessures sont la principale cause de décès parmi les enfants; elles constituent aussi la principale cause d'invalidité au cours des premières années de la vie.36 Pour chaque décès lié à des blessures, il faut compter 40 hospitalisations et quelque 670 consultations à l'urgence pour traitement.37 On évalue à environ quatre milliards de dollars le coût lié aux blessures subies par les enfants seulement.38 Les enfants atteints d'incapacité permanente à la suite d'une blessure risquent d'éprouver des douleurs tout au long de leur vie ou de subir une perte motrice ou cognitive permanente.39

Les résultats de la recherche révèlent que la majorité des blessures peut être évitée. Les stratégies de prévention les plus efficaces se fondent à la fois sur une démarche d'éducation, sur la modification de l'environnement et sur l'application de règlements. L'utilisation de dispositifs de protection dans les voitures, la réglementation du port du casque par les cyclistes et la conception de produits plus sûrs sont des exemples de stratégies qui ont fait leurs preuves.40