Annexe A - Notes techniques concernant les indicateurs établis à partir des données de l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
L'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) détermine qui, dans le ménage, est la personne qui connaît le mieux l'enfant (PCM) [parfois appelée personne la mieux renseignée au sujet de l'enfant , ou PMR]. Cette personne, soit le plus souvent la mère, fournira de l'information sur tous les enfants sélectionnés dans le ménage ainsi que des renseignements d'ordre sociodémographique la concernant elle-même et concernant son conjoint. Ces renseignements serviront à dresser le profil socioéconomique de la famille. Une seule PCM est choisie par ménage.
Chapitre 3
L'échelle du développement moteur et social (DMS) est fondée sur une série de 15 questions qui mesurent diverses dimensions du développement moteur, du développement social et du développement cognitif des enfants de trois ans et moins; les questions, qui varient selon l'âge de l'enfant, sont posées à la PCM.
Les réponses à ces questions sont intégrées à une échelle normalisée qui fixe à 100 le score moyen de la population, l'écart-type étant de 15. Cette échelle normalisée prend en considération l'âge de l'enfant et permet de comparer les groupes d'âge les uns par rapport aux autres. Sur cette échelle, on considère :
- que les enfants ayant obtenu un score de 0 à 84 (un écart-type ou plus en dessous de la moyenne) manifestent des signes de retard du développement;
- que les enfants ayant obtenu un score se situant entre 85 et 115 (une fourchette allant d'un écart-type en dessous de la moyenne à un écart-type au-dessus) ont un développement moyen;
- que les enfants ayant obtenu un score de 116 ou plus (un écart-type ou plus au-dessus de la moyenne) manifestent des signes de développement avancé.
L' Échelle de vocabulaire en images Peabody — version révisée (EVIP-R) est un test qui mesure le vocabulaire compris par les enfants de quatre à cinq ans, en anglais ou en français. L'intervieweur l'administre directement à l'enfant si la PCM y consent.
Les réponses à ces questions sont intégrées à une échelle normalisée qui fixe à 100 le score moyen de la population, l'écart-type étant de 15. Cette normalisation a été effectuée par groupe d'âge de deux mois d'intervalle. Le score normalisé prend en considération l'âge de l'enfant et permet de comparer les groupes d'âge les uns par rapport aux autres. Sur cette échelle, on considère :
- que les enfants ayant obtenu un score de 0 à 84 (un écart-type ou plus en dessous de la moyenne) manifestent des signes de retard du développement
- que les enfants ayant obtenu un score se situant entre 85 et 115 (une fourchette allant d'un écart-type en dessous de la moyenne à un écart-type au-dessus) ont un développement moyen;
- que les enfants ayant obtenu un score de 116 ou plus (un écart-type ou plus au-dessus de la moyenne) manifestent des signes de développement avancé.
Le test « Qui suis-je? » permet d'évaluer les capacités de l'enfant de conceptualiser et de reconstruire une figure géométrique (habiletés à copier), et d'utiliser des représentations symboliques (tâches d'écriture) comme des chiffres, des lettres et des mots. Comme c'est une mesure d'évaluation non verbale, « Qui suis-je? » peut être utilisé pour évaluer des enfants dont la connaissance de l'anglais ou du français est limitée. Ces enfants peuvent donc remplir les tâches dans leur langue maternelle ou encore en anglais ou en français.
Le test se présente sous la forme d'un livret intéressant dans lequel l'enfant accomplit les tâches, l'évaluateur tournant les pages et lui donnant des instructions.
Les réponses à ces questions sont intégrées à une échelle normalisée qui, pour le cycle 4, fixe à 101,29 le score moyen de la population, l'écart-type étant de 15,80. Sur cette échelle, on considère :
- que les enfants ayant obtenu un score de 0 à 85 (un écart-type ou plus en dessous de la moyenne) manifestent des signes de retard du développement;
- que les enfants ayant obtenu un score se situant entre 86 et 117 (une fourchette allant d'un écart-type en dessous de la moyenne à un écart-type au-dessus) ont un développement moyen;
- que les enfants ayant obtenu un score de 118 ou plus (un écart-type ou plus au-dessus de la moyenne) manifestent des signes de développement avancé.
Connaissance des nombres : Les enfants qui possèdent cette connaissance intuitive ont tendance à obtenir de meilleurs résultats en mathématiques à l'école. Quatre niveaux de développement ont été établis pour la connaissance des nombres chez les enfants, soit le niveau pré-dimensionnel (niveau 0), le niveau unidimensionnel (niveau 1), le niveau bidimensionnel (niveau 2) et le niveau bidimensionnel intégré (niveau 3). L'enfant doit avoir atteint un niveau de connaissance pour pouvoir passer au suivant; en d'autres termes, chaque niveau est le fondement conceptuel du suivant.
Comme l'ELNEJ saisit les réponses des enfants de quatre à cinq ans, seuls les niveaux pré-dimensionnel et unidimensionnel sont pris en considération pour ce stade de développement. Le niveau pré-dimensionnel est celui de la capacité de l'enfant de compter par cœur et de quantifier un lot d'objets peu nombreux. Ce niveau joue un rôle important pour le niveau suivant, où l'enfant traitera des quantités changeantes sans le secours d'objets concrets. Au niveau unidimensionnel, on évalue la connaissance de la suite des chiffres et la capacité de résoudre des problèmes d'arithmétique simples. Pour répondre aux questions du test, l'enfant doit pouvoir se représenter mentalement une « ligne numérique ».
Il s'agit d'un test oral administré par l'évaluateur, et l'enfant doit répondre de vive voix, sans utiliser de papier ou de crayon pour calculer ses réponses.
Les réponses à ces questions sont intégrées à une échelle normalisée qui, pour le cycle 4, fixe à 100,93 le score moyen de la population, l'écart-type étant de 15,24. Sur cette échelle, on considère :
- que les enfants ayant obtenu un score de 0 à 85 (un écart-type ou plus en dessous de la moyenne) manifestent des signes de retard du développement;
- que les enfants ayant obtenu un score se situant entre 86 et 116 (une fourchette allant d'un écart-type en dessous de la moyenne à un écart-type au-dessus) ont un développement moyen;
- que les enfants ayant obtenu un score de 117 ou plus (un écart-type ou plus au-dessus de la moyenne) manifestent des signes de développement avancé.
Troubles affectifs/anxiété; hyperactivité; et agressivité physique/troubles comportementaux : ces mesures sont des échelles de comportement de premier plan dans le cadre de l'ELNEJ. Pour chaque mesure, on pose une série de questions et on classe les réponses sur une échelle de manière à obtenir une meilleure représentation des différents types de comportement. Les questions sont posées à la PCM et ne témoignent pasd'un diagnostic posé par un professionnel.
- Troubles affectifs/anxiété : On demande à la PCM la fréquence à laquelle l'enfant semble être malheureux, déprimé, inquiet, nerveux ou anxieux. Un enfant jugé très anxieux est un enfant décrit par la PCM comme étant malheureux, craintif et tendu.
- L'hyperactivité se caractérise par les comportements suivants : l'enfant est anxieux, impatient, manque de concentration et est incapable d'attendre son tour.
- Agressivité physique/troubles comportementaux : La PCM, habituellement la mère, répond à une série de questions au sujet de la fréquence à laquelle son enfant se livre à des actes d'agression physique , comme les bagarres, l'intimidation ou les menaces à l'endroit d'autres personnes. Les réponses sont combinées pour constituer une échelle globale de ce genre de comportement, qui varie de 0 (les enfants présentant le niveau le moins élevé d'agression physique déclarée) à 12 (les enfants présentant le niveau le plus élevé d'agression physique déclarée).
Pour dépister la présence de problèmes de comportement, on a défini des seuils (ou des points de référence) pour chacun de ces comportements en prenant le score le plus près du 90e percentile de chacune des échelles, d'après les données du cycle 3 (ou les données les plus récentes possibles pour les enfants dans l'ensemble des provinces). Les données indiquées représentent la proportion d'enfants manifestant des signes de difficultés pour chacun des comportements décrits.
Les étapes du développement — échelle du comportement personnel-social : il s'agit de l'une des échelles de comportement figurant dans le questionnaire sur les étapes du développement, administrée en guise de supplément à l'ELNEJ pour identifier les enfants qui peuvent manifester d'éventuels problèmes de développement. L'échelle du comportement personnel-social comprend plusieurs questions conçues pour saisir différents aspects de ce comportement selon l'âge de l'enfant, notamment de quelle façon le bébé interagit avec lui-même, avec des étrangers, avec le parent et avec des objets comme des jouets. Les questions sont posées à la PCM et ne témoignent pas d'un diagnostic posé par un professionnel.
Dépression parentale : L'échelle de la dépression parentale utilisée dans le cadre de l'ELNEJ représente une version condensée de l'échelle de dépression du Center for Epidemiological Studies (CES-D). Elle mesure la présence et la gravité des symptômes associés à la dépression dans la population en général, mais elle ne signale pas la présence d'une dépression cliniquement diagnostiquée. Les scores vont de 0 à 36, les scores élevés indiquant la présence de symptômes de dépression. L'échelle est administrée à la PCM.
Pour dépister la dépression parentale, on a défini des seuils (ou des points de référence) en prenant le score le plus près du 90e percentile d'après les données du cycle 3 pour les enfants dans toutes les provinces. La variable représente la proportion d'enfants dont la PCM manifeste des signes plus élevés de dépression parentale et d'enfants dont la PCM n'en manifeste pas. Les PCM qui manifestent des symptômes de dépression ont des scores de 11 ou plus sur l'échelle de la dépression parentale.
Fonctionnement familial : L'échelle de fonctionnement familial permet une évaluation globale du fonctionnement familial (notamment la résolution de problèmes, la communication, les rôles, l'engagement affectif, la sensibilité affective et la maîtrise du comportement)et indique la qualité des rapports entre les membres de la famille. Les questions s'y rapportant sont posées soit à la PCM, soit à son conjoint. Les valeurs vont de 0 à 36, les scores plus élevés signalant une dysfonction au sein de la famille. L'échelle ne témoigne d'aucun diagnostic clinique.
Pour dépister une dysfonction au sein de la famille, on a défini des seuils (ou des points de référence) en prenant le score le plus près du 90e percentile d'après les données du cycle 3 de l'ELNEJ pour les enfants dans toutes les provinces. La variable représente la proportion d'enfants dont la famille manifeste des niveaux plus élevés de dysfonction familiale et d'enfants dont la famille n'en manifeste pas.
Pratiques parentales positives : L'interaction positive est un style parental qui est saisi par l'ELNEJ. L'échelle des pratiques parentales, qui mesure certains comportements parentaux, va de 0 à 20, des scores élevés indiquant une interaction positive avec l'enfant. Les questions visant à déterminer le style parental sont posées soit à la PCM, soit à son conjoint.
Lecture par un adulte : Cet indicateur permet d'évaluer la fréquence à laquelle l'enfant s'adonne à des activités de lecture avec un parent ou un autre adulte. Il ne faut donc pas l'interpréter comme s'il visait expressément les interactions entre le parent et l'enfant.
Chapitre 6
Les échelles visant le quartier ont pour objet de déterminer dans quelle mesure certaines caractéristiques sont présentes ou absentes dans le quartier. En particulier, l'échelle de cohésion du quartier peut servir à mesurer l'unité sociale dans un quartier (la mesure dans laquelle la PCM estime qu'il y a de la cohésion). Les répondants adultes répondent à des questions sur les habitants du quartier, notamment s'ils s'entraident volontiers, tâchent de régler les problèmes locaux, sont vigilants face aux difficultés possibles et surveillent le quartier afin d'assurer la sécurité des enfants, et si les enfants peuvent les prendre comme modèles de comportement. Les réponses à ces questions ont été combinées, et une échelle variant de 0 (les personnes qui ont déclaré le niveau le moins élevé de cohésion sociale) à 15 (celles qui habitaient les quartiers les plus cohésifs) a été établie. Toutes les questions au sujet du quartier sont posées à la PCM ou au conjoint de la PCM.
Pour identifier les quartiers montrant peu de cohésion, on a défini des seuils (ou des points de référence) en prenant le score le plus près du 10e percentile d'après les données du cycle 3 pour les enfants dans toutes les provinces. La variable représente la proportion d'enfants dont le quartier affiche de faibles niveaux de cohésion (selon la PCM) et d'enfants dont le quartier n'en affiche pas.
L' échelle de sécurité du quartier peut servir à établir dans quelle mesure la PCM estime qu'il y a un sentiment de sécurité dans le quartier. Toutes les questions au sujet du quartier sont posées à la PCM ou au conjoint de la PCM. L'échelle va de 0 à9, des scores plus élevés indiquant un plus grand sentiment de sécurité dans le quartier de l'enfant.
Pour identifier les quartiers affichant de faibles niveaux de sécurité, on a défini des seuils (ou des points de référence) en prenant le score le plus près du 10e percentile d'après les données du cycle 4 de l'ELNEJ (la question n'ayant pas été posée au cycle 3) pour les enfants dans toutes les provinces. La variable représente la proportion d'enfants dont le quartier affiche de faibles niveaux de sécurité (selon la PCM) et d'enfants dont le quartier n'en affiche pas.