Union sociale: engagements concernant la mobilité
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l'Entente-cadre  

RAPPORT DU GOUVERNEMENT DU CANADA
PRÉSENTÉ AU
CONSEIL MINISTÉRIEL SUR LA REFONTE DES POLITIQUES SOCIALES
 

ENGAGEMENTS CONCERNANT LA MOBILITÉ PRIS DANS LE CADRE DE L'ECUS


Mars 2001

INTRODUCTION

L'ENGAGEMENT DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL À ASSURER LA MOBILITÉ DES CANADIENS

LE PROCESSUS FÉDÉRAL D'EXAMEN DE LA MOBILITÉ

LES RÉSULTATS DE L'EXAMEN EFFECTUÉ PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA

COLLABORATION ENTRE LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL ET LES PROVINCES ET LES TERRITOIRES POUR DES QUESTIONS LIÉES À LA MOBILITÉ

LE PLAN D'ACTION FÉDÉRAL CONCERNANT LA MOBILITÉ

ACTIVITÉS À VENIR

Annexe 1


INTRODUCTION

Le 4 février 1999, le premier ministre Chrétien a signé l'entente-cadre sur l'union sociale avec les premiers ministres de toutes les provinces et de tous les territoires 1, sauf le Québec. Dans cette entente, les gouvernements s'engagent à mieux travailler ensemble et avec la population canadienne afin de consolider le filet de sécurité sociale du Canada, de faire participer les Canadiens à l'élaboration de programmes sociaux et de renforcer les partenariats entre les gouvernements.

Il n'est plus possible d'établir des démarcations très nettes entre les gouvernements, entre l'économie et la société et entre les politiques économiques et sociales. La mondialisation et la nouvelle économie axée sur l'information ont accru l'interdépendance entre tous les pays et au sein de chacun d'entre eux. Les gouvernements ne peuvent pas agir seuls; ils influent de plus en plus les uns sur les autres et ils ont besoin de collaborer entre eux.

L'entente-cadre sur l'union sociale représente l'engagement de la part des gouvernements à renforcer les partenariats qu'ils établissent entre eux et avec les Canadiens. Cela signifie le respect de la Constitution, un dialogue et une collaboration entre les gouvernements et, surtout, l'engagement de servir les Canadiens et d'obtenir leur engagement.

Une des priorités exprimées par le gouvernement du Canada au cours des discussions qui ont mené à l'entente-cadre sur l'union sociale a été d'obtenir l'engagement de la part des gouvernements de respecter le principe de la liberté de mouvement pour les Canadiens.

La liberté de mouvement de la personne, qui est un élément essentiel de la notion de citoyenneté canadienne, est tout aussi essentielle pour réussir dans une économie fondée sur le savoir. Les gouvernements doivent travailler ensemble afin de veiller à ce que les Canadiens ne se voient pas refuser l'accès à des perspectives d'ordre économique ou à des services gouvernementaux essentiels pour des motifs liés à la résidence.

En vertu de l'entente, une des priorités des gouvernements consiste à faciliter la mobilité des Canadiens. L'entente indique ce qui suit :

«Tous les gouvernements estiment que la liberté de mouvement, qui permet aux Canadiens d'aller profiter de perspectives favorables n'importe où au Canada, est un élément essentiel de la citoyenneté canadienne.»

Plus précisément, l'article 2 de l'ECUS prévoit un engagement des gouvernements pour ce qui suit :

  1. s'assurer que les nouvelles initiatives en matière de politique sociale ne créent aucun nouvel obstacle à la mobilité;

  2.  
  3. éliminer, d'ici trois ans, toutes les politiques ou pratiques fondées sur des critères de résidence qui restreignent l'accès à l'éducation postsecondaire, à la formation professionnelle, à la santé, aux services sociaux et à l'aide sociale à moins qu'on puisse faire la preuve que ces politiques ou pratiques sont raisonnables et qu'elles respectent les principes 2 de l'entente-cadre sur l'union sociale;

  4.  
  5. que les ministres sectoriels soumettent des rapports annuels au Conseil ministériel inventoriant les obstacles à l'accessibilité fondées sur la résidence et proposant des plans d'action pour éliminer ces obstacles;

  6.  
  7. assurer, d'ici le 1er juillet 2001, le respect intégral des dispositions en matière de mobilité de l'Accord sur le commerce intérieur par toutes les entités assujetties à ces dispositions, et notamment des conditions visant la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et l'élimination des conditions de résidence qui limitent l'accès aux perspectives d'emploi.
Le respect de ces engagements aidera à assurer que les Canadiens seront libres de se déplacer n'importe où au Canada sans craindre de perdre l'accès à des programmes et à des services répondant à leurs besoins d'ordre social ainsi que d'aller travailler n'importe où au Canada dans la profession de leur choix. Tous les gouvernements doivent donner aux Canadiens la liberté de saisir les possibilités qui s'offrent à eux sur les plans économique et social.

Selon l'entente, les gouvernements doivent justifier publiquement le maintien en vigueur de toute politique ou pratique fondée sur des critères de résidence qui restreint l'accès à des programmes et services sociaux en faisant la preuve que la politique ou la pratique est raisonnable et qu'elle respecte les principes de l'entente-cadre sur l'union sociale.

Les engagements pris en vue d'éliminer les obstacles à la mobilité fondés sur la résidence, qui restreignent l'accès à des programmes et à des services sociaux sont assujettis aux dispositions en matière de prévention et de règlement des différends énoncées à l'article 6 de l'entente. Ces dispositions permettent aux gouvernements de remettre en question leur conformité respective aux dispositions relatives à la mobilité.

L'imputabilité est un élément essentiel de l'entente-cadre sur l'union sociale. Les gouvernements ont convenu de rendre compte chaque année, dans les trois années suivant la signature de l'entente, de leurs travaux en vue de désigner et d'éliminer les obstacles à la mobilité fondés sur la résidence que rencontrent les Canadiens. C'est la deuxième fois que le gouvernement du Canada présente un rapport des mesures qu'il a prises.
 

L'ENGAGEMENT DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL À ASSURER LA MOBILITÉ DES CANADIENS

Le gouvernement du Canada croit que :

  • la mobilité sans entrave constitue un élément crucial de la vie au Canada - aucun obstacle non raisonnable ne devrait empêcher les Canadiens de se déplacer à l'intérieur du pays;

  •  
  • tous les Canadiens devraient pouvoir profiter de programmes sociaux selon les mêmes conditions que leurs voisins, peu importe depuis quand ils vivent dans une province ou un territoire;

  •  
  • les compétences et les études officielles des Canadiens devraient être reconnues dans toutes les provinces et dans tous les territoires.

  •  
Le gouvernement du Canada a appuyé les droits liés à la mobilité des Canadiens dans le contexte de nombreuses initiatives. Ces droits sont protégés par la Charte canadienne des droits et libertés, le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux, la Loi canadienne sur la santé, le régime d'assurance-emploi, le programme de la Sécurité de la vieillesse et les ententes sur le développement du marché du travail conclues avec les gouvernements provinciaux et territoriaux.

Le gouvernement du Canada s'engage à éliminer de ses programmes, d'ici trois ans, tous les obstacles fondés sur la résidence, à éviter la création de tels obstacles dans ses nouvelles initiatives ainsi qu'à collaborer avec les provinces et les territoires afin de respecter le délai fixé dans l'ECUS en vue de se conformer, d'ici le 1er juillet 2001, aux dispositions en matière de mobilité de la main-d'oeuvre de l'Accord sur le commerce intérieur.
 

LE PROCESSUS FÉDÉRAL D'EXAMEN DE LA MOBILITÉ

Développement des ressources humaines Canada a coordonné le processus fédéral d'examen, sous la direction d'un comité directeur composé de représentants de Citoyenneté et Immigration Canada, de Santé Canada, de Patrimoine canadien, d'Affaires indiennes et du Nord canadien, d'Industrie Canada, de Justice Canada et du Bureau du Conseil privé.

Le présent rapport reflète les résultats cumulatifs de l'examen fédéral de la mobilité effectué au cours des deux dernières années.

Les ministères et les organismes fédéraux qui offrent des programmes dans les quatre secteurs de base désignés dans l'entente (santé, formation professionnelle, études postsecondaires et services sociaux et aide sociale) ainsi que ceux qui offrent des programmes ayant une incidence directe sur ces secteurs de base ont procédé à un examen rigoureux de tous leurs programmes et services. Ils ont recherché tout particulièrement les situations où l'accès à un programme ou à un service dépendait de la durée de résidence d'une personne à un endroit, en l'absence d'une entente mutuelle pouvant permettre de régler la situation.

L'examen fédéral a aussi porté sur deux domaines en particulier dans lesquels le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec les provinces et les territoires en vue d'éliminer les obstacles à la mobilité, à savoir l'aide financière aux étudiants et les dispositions concernant la mobilité de la main-d'oeuvre de l'Accord sur le commerce intérieur (ACI).

Au cours de la première année de l'examen, il a été demandé aux ministères fédéraux de répondre à des questions normalisées dans le cadre de leurs évaluations de programmes. Les questions étaient les suivantes :

· Des critères ou des procédures fondés sur la résidence restreignent-ils l'accès? (Il y a obstacle à la mobilité fondé sur la résidence si l'accès à des programmes et à des services sociaux, notamment dans une province, un territoire ou une collectivité, dépend de la durée de résidence - à moins que n'aient été conclues des ententes mutuelles en vertu desquelles la province d'origine supporte le coût de la participation au programme ou du service.)

  • En quoi l'obstacle restreint-il l'accès ou la mobilité?
  • Des données concernant les répercussions de l'obstacle (p. ex., des données sur la migration) sont-elles disponibles?
  • S'agit-il d'un obstacle raisonnable compte tenu des principes de l'entente? Compte tenu des engagements concernant la mobilité que comporte l'entente?
  • Que faudra-t-il faire pour éliminer cet obstacle? Quelles seront les incidences de cette élimination? Quels seront les délais et les coûts? La situation comportera-t-elle des risques pour les Canadiens?

  •  
Au cours de la deuxième année de l'examen fédéral de la mobilité, il a été demandé aux ministères participants (à l'aide des questions normalisées ci-dessus) :
  • d'examiner les nouveaux programmes ainsi que les changements importants apportés aux programmes et aux politiques déjà en vigueur afin de s'assurer que des obstacles à l'accès n'avaient pas été créés par inadvertance;

  •  
  • de continuer à examiner leurs activités pouvant donner lieu à des obstacles à la mobilité afin de s'assurer de ne pas avoir omis d'obstacles au cours de la première année de l'examen;

  •  
  • d'examiner les pratiques de tiers responsables de l'exécution de leurs programmes afin de s'assurer que celles-ci ne restreignaient pas, pour des motifs liés à la résidence, l'accès à des programmes et à des services fédéraux.

  •  
De nouvelles formes de gestion (axées sur les collectivités) peuvent être constatées dans un certain nombre de domaines relatifs aux politiques sociales. Étant donné que les citoyens et les groupes locaux participent davantage à la prise de décisions qui influent sur leur vie, les gouvernements et leurs partenaires doivent éviter de créer de nouveaux obstacles à la mobilité et veiller à ce que des restrictions liées à la résidence ne soient pas mises en place.

De nombreux programmes fédéraux sont exécutés par des tiers (par exemple, des organisations autochtones, des groupes bénévoles, des municipalités, des organisations non gouvernementales et des sociétés privées) en vertu de divers arrangements. À Santé Canada par exemple, 24 programmes sont exécutés par des tiers dans le cadre de milliers d'ententes. À Développement des ressources humaines Canada, 13 programmes sont exécutés dans le cadre de plus de 40 000 ententes conclues avec des tiers.

Bien que rien n'ait indiqué que les tiers créaient des obstacles à la mobilité fondés sur la résidence, les ministères ont examiné les modalités de leurs ententes avec des tiers ainsi que les façons de procéder de ces derniers. Il s'agissait de s'assurer que les tiers ne refusent pas à des personnes l'accès à des programmes et à des services fédéraux pour des motifs liés à la résidence.

Étant donné l'impossibilité d'examiner chacune des ententes, les ministères ont adopté une approche progressive systématique selon laquelle le passage aux étapes suivantes est fondé sur les constatations faites à l'étape précédente. Les ministères ont travaillé de concert avec des vérificateurs ministériels afin de mettre au point une bonne approche méthodologique permettant d'assurer l'examen d'un échantillon valable et représentatif des programmes, des régions dans lesquelles ceux-ci sont offerts et des types de parties responsables de leur exécution. Les mesures suivantes ont été prises:

  • on a tenté d'obtenir de premières preuves de l'existence d'obstacles fondés sur la résidence en consultant notamment les registres de plaintes adressées à des fonctionnaires fédéraux, de la correspondance ministérielle et des rapports de vérification;

  •  
  • on a établi des répertoires de programmes exécutés par des tiers, en indiquant notamment le nombre d'arrangements ou d'ententes et le type de tiers responsables de l'exécution;

  •  
  • des gestionnaires de programme et des spécialistes ont examiné les modalités de leurs ententes avec des tiers et ont interrogé des employés de points de service afin d'obtenir des preuves d'obstacles créés en raison des pratiques de tiers.

  •  
Il a aussi été demandé aux ministères fédéraux d'expliquer comment la conformité aux exigences de l'entente en matière de mobilité dans ce domaine sera définie sur papier, quels objectifs pourraient être fixés pour l'élimination totale des obstacles non raisonnables dans le délai de trois ans fixé dans l'ECUS et quels plans sont en cours d'élaboration afin d'assurer le respect des dispositions de l'entente en matière de rapport.
 

LES RÉSULTATS DE L'EXAMEN EFFECTUÉ PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA

À la suite d'un examen approfondi effectué sur une période de deux ans, il a été jugé que les politiques et les programmes fédéraux ne créent pas d'obstacles à leur accès fondés sur la résidence. Étant donné que la plupart des activités du gouvernement fédéral ont une portée nationale, l'admissibilité comme telle à ces programmes est fondée sur des critères établis à l'échelle nationale, qui ne font pas de distinctions entre les provinces et les territoires du Canada.

Un examen systématique approfondi des modalités et des pratiques qui orientent les activités des tiers responsables de l'exécution de l'éventail de programmes fédéraux a révélé qu'à l'exception de quelques incohérences qui sont en voie d'être réglées, les pratiques des tiers ne prévoyaient pas que l'accès à des programmes et à des services dépendait de la durée de résidence à un endroit. Étant donné le grand nombre de marchés conclus avec des tiers, il est cependant toujours possible que des obstacles fondés sur la résidence se présentent. Le gouvernement du Canada continuera donc de surveiller les pratiques de ses tiers et de traiter toutes les questions relatives à la mobilité à mesure qu'elles se présenteront.

Ce qui suit expose de façon plus détaillée les résultats de l'examen de programmes fédéraux effectué par le gouvernement du Canada pendant deux ans pour chacun des domaines clés désignés dans l'entente.
 

Études postsecondaires

Le gouvernement du Canada offre du soutien pour les études postsecondaires, principalement par l'entremise d'un éventail de programmes d'aide aux étudiants. Les étudiants admissibles peuvent avoir accès au Programme canadien de prêts aux étudiants, à la Subvention canadienne pour études et aux Bourses d'études canadiennes du millénaire (gérées par la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire) afin de fréquenter tout établissement d'enseignement postsecondaire désigné au Canada. La Subvention canadienne pour l'épargne-études est un incitatif offert à toute la population du Canada en vue d'économiser pour les coûts futurs des études d'un enfant.

Il s'agit de programmes nationaux conçus pour appuyer, partout au Canada, un accès équitable à des études postsecondaires et qui ne comportent pas d'obstacles à la mobilité fondés sur la résidence.
 

Formation professionnelle

Le gouvernement du Canada assure principalement de l'aide à l'emploi et au perfectionnement des compétences par l'entremise des prestations d'emploi et mesures de soutien que prévoit la Loi sur l'assurance-emploi. À l'heure actuelle, les programmes sont offerts par :

  • le gouvernement provincial ou territorial au Nouveau-Brunswick, au Québec, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest;

  •  
  • Développement des ressources humaines Canada à Terre-Neuve et au Labrador, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, en Ontario, en Colombie-Britannique et au Yukon.

  •  
Les droits liés à la mobilité pour l'accès à ces prestations d'emploi et mesures de soutien sont protégés explicitement en vertu d'ententes sur le développement du marché du travail conclues entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de chaque province et territoire.

Les programmes fédéraux offerts dans le cadre de la Stratégie emploi jeunesse du Canada comprennent Service jeunesse Canada, Jeunes stagiaires Canada et Objectif emplois d'été pour étudiants. Ces programmes, qui ont une portée nationale, sont exempts d'obstacles à la mobilité fondés sur la résidence.

En vertu de programmes de perfectionnement des compétences et d'emploi, la Stratégie de développement des ressources humaines autochtones (SDRHA) est une initiative qui transfère directement à des organisations autochtones la responsabilité de concevoir et de mettre en oeuvre des programmes relatifs au marché du travail. En vertu de cette stratégie, les organisations autochtones conçoivent et offrent les programmes d'emploi et les services qui répondent le mieux aux besoins particuliers de leurs collectivités. Chacune des organisations est responsable d'obtenir des résultats évidents. En tout, 79 EDRHA ont été signées, à savoir 50 avec les Premières nations, 10 avec les Métis, 13 avec les Autochtones vivant en milieu urbain et 6 avec les Inuits.
 

Santé

Le gouvernement du Canada offre, par l'entremise de Santé Canada et d'Anciens combattants Canada, un éventail de programmes et de services liés à la santé. Ces programmes et services, qui sont offerts dans l'ensemble du Canada, sont exempts d'obstacles à la mobilité fondés sur la résidence.

Le gouvernement du Canada est aussi responsable de travailler avec les provinces et les territoires pour faire respecter les dispositions de la Loi canadienne sur la santé. Grâce au critère concernant la transférabilité, la Loi assure que les Canadiens ne se heurtent à aucun obstacle fondé sur la résidence. Ce critère exige que les personnes demeurent protégées par un régime provincial d'assurance-santé si elles déménagent dans une autre province ou voyagent à l'extérieur de la province, surtout au Canada. Tous les signataires de l'entente-cadre ont conclu des ententes mutuelles en vertu desquelles ils se remboursent les uns les autres les coûts des services assurés fournis à leurs résidants au taux que la province d'accueil autorise pour le service.
 

Soutien du revenu, aide sociale et services sociaux

Le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux, qui assure aux provinces et aux territoires un soutien financier pour l'aide sociale et les services sociaux (ainsi que pour la santé et les études postsecondaires), interdit aux gouvernements provinciaux et territoriaux d'imposer une période minimale de résidence comme condition au versement de prestations d'aide sociale.

Le gouvernement du Canada offre principalement un soutien du revenu par l'entremise du Régime de pensions du Canada (RPC), de la Sécurité de la vieillesse (SV), des prestations d'anciens combattants, de la Prestation fiscale canadienne pour enfants et de la partie I de la Loi sur l'assurance-emploi.

Le RPC et la SV, sont versés aux Canadiens admissibles dans toutes les provinces et territoires (sauf au Québec où le Régime de rentes du Québec remplace le RPC), et ne comportent pas d'obstacles à la mobilité fondés sur la résidence.

Les prestations d'assurance-emploi sont entièrement transférables une fois que leur montant est déterminé; elles ne posent donc pas d'obstacle à la mobilité de la main-d'œuvre. Étant donné qu'il est plus difficile de trouver de l'emploi là où il y a beaucoup de chômage, les normes d'admissibilité à l'assurance-emploi sont moins strictes et la durée des prestations est plus longue dans les régions à taux de chômage élevé. Une fois qu'un travailleur reçoit des prestations, le taux et la durée de celles-ci ne changent pas, peu importe l'endroit où la personne déménage au Canada.

Les principaux programmes fédéraux à l'intention des personnes handicapées sont les suivants : les prestations de maladie de l'assurance-emploi, les prestations d'invalidité du Régime de pensions du Canada, l'Aide à l'employabilité des personnes handicapées (AEPH) et le Fonds d'intégration.

À part l'AEPH, ces programmes ont une portée nationale et sont offerts à tous les Canadiens admissibles. Dans le cadre d'ententes bilatérales d'AEPH conclues avec les provinces, le gouvernement du Canada partage les coûts de nombreux programmes et services provinciaux d'invalidité. Les ententes d'AEPH prescrivent tout particulièrement que les programmes faisant l'objet d'un financement fédéral en vertu d'une entente soient conformes aux prescriptions de la Charte canadienne des droits et libertés (et en respectent donc nécessairement les dispositions concernant la protection de la mobilité).

La Prestation nationale pour enfants (PNE) est une initiative fédérale-provinciale-territoriale mise en œuvre en juillet 1998 et comportant les objectifs suivants : réduire l'étendue de la pauvreté chez les enfants; promouvoir la participation au marché du travail; accroître l'harmonisation des programmes entre les gouvernements. Grâce à sa contribution à la PNE par l'entremise de la Prestation fiscale canadienne pour enfants, le gouvernement du Canada établit une nouvelle plate-forme nationale de prestations pour enfants à l'intention des familles à faible revenu avec enfants. Ces prestations accrues pour enfants s'adressent à toutes les familles canadiennes à faible revenu, sans tenir compte de la province ou du territoire où elles vivent et peu importe depuis quand elles y vivent. Pour leur part, la majorité des provinces, des territoires et des Premières nations rajustent le soutien du revenu qu'ils assurent aux enfants par l'entremise de leurs programmes d'aide sociale, tout en s'assurant que le montant total des prestations versées aux familles demeure au moins aussi élevé qu'il ne l'était avant l'instauration de la PNE.

En décembre 1999, le gouvernement fédéral a mis en œuvre l'Initiative de partenariats en action communautaire (IPAC), en vertu de laquelle il fournit une soutien financier à des collectivités qui sont aux prises avec d'importants problèmes liés à l'itinérance. Cette initiative vise à aider les collectivités à travailler ensemble et avec divers ordres de gouvernement et d'autres intervenants afin d'élaborer des plans communautaires et de mettre en œuvre des stratégies locales qui répondent aux besoins immédiats des sans-abri. Elle consiste aussi à prendre des mesures en vue de réduire et de prévenir l'itinérance. Jusqu'ici, le programme n'a pas donné lieu à des préoccupations relatives à la mobilité, que ce soit au niveau fédéral, provincial-territorial ou local.

Par l'entremise de Citoyenneté et Immigration Canada, le gouvernement offre un éventail de programmes et de services aux immigrants et aux réfugiés, y compris le Programme d'aide au réétablissement. Ces programmes, qui ont une portée nationale, ne comportent pas d'obstacles fondés sur la résidence.
 

COLLABORATION ENTRE LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL ET LES PROVINCES ET LES TERRITOIRES POUR DES QUESTIONS LIÉES À LA MOBILITÉ

La mobilité de la main-d'œuvre et celle des étudiants sont deux points clés, et les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux travaillent ensemble en vue d'éliminer les obstacles à cette mobilité.
 

Mobilité de la main-d'œuvre en vertu de l'Accord sur le commerce intérieur (ACI)

En 1994, tous les premiers ministres ont signé l'Accord sur le commerce intérieur (ACI), qui vise à réduire et à éliminer les obstacles à la libre circulation des produits, des services, des personnes et des investissements à l'intérieur du Canada.

Le chapitre 7 de l'ACI, qui porte sur la mobilité de la main-d'œuvre, établit, pour les gouvernements et les organismes de réglementation des professions, les trois grandes obligations suivantes :

  • éliminer les exigences relatives à la résidence;

  •  
  • faire preuve de non-discrimination;

  •  
  • assurer la reconnaissance mutuelle des qualifications des travailleurs et aplanir les différences que présentent les normes professionnelles.
Ces obligations visent à éliminer les trois principaux types d'obstacles interprovinciaux qui peuvent se poser pour les travailleurs, à savoir :
  • la nécessité de vivre dans une province afin de pouvoir y travailler ou obtenir les permis ou certificats nécessaires pour y travailler;

  •  
  • les pratiques d'octroi de permis ou de certificats qui donnent lieu à des retards et à des coûts inutiles pour les travailleurs de l'extérieur de la province;

  •  
  • la non-reconnaissance de qualifications obtenues dans une autre province ou dans un autre territoire.
Dans l'entente-cadre sur l'union sociale, qui s'inspire de ces engagements, on a fixé au 1er juillet 2001 la date à laquelle il doit y avoir conformité totale aux dispositions du chapitre 7 de l'ACI. L'entente complète les efforts déployés par le gouvernement du Canada et par l'ensemble des provinces et territoires, par l'entremise du Forum des ministres du marché du travail (FMMT) en vue d'assurer la mobilité, et leur donne une nouvelle perspective.

Un des principaux points d'intérêt du FMMT porte sur les efforts coordonnés de tous les gouvernements afin d'inciter les organismes de réglementation des professions à se conformer aux objectifs concernant la mobilité. L'ACI porte sur plus de 100 professions et métiers réglementés par le gouvernement regroupant près de 400 organismes de réglementation qui doivent, entre autres, conclure des accords afin de s'assurer que les qualifications obtenues dans une province ou un territoire peuvent être reconnues dans les autres.

Au cours des deux années qui se sont écoulées depuis la signature de l'ECUS, les activités visant à assurer la conformité se sont multipliées. Sur ce plan, le plus grand défi a été d'en arriver, au sein de chacune des professions autoréglementées, à des ententes au sujet des modalités concernant la reconnaissance des qualifications des travailleurs provenant d'autres provinces ou territoires. Il est prévu que d'ici le 
1er juillet 2001, environ 75 p. 100 des professions autoréglementées, représentant 90 p. 100 de la main-d'œuvre visée, respecteront en totalité ou en grande partie les dispositions du chapitre 7.

Pour les métiers réglementés par le gouvernement, l'actuel programme du Sceau rouge assure déjà la mobilité à la majorité des gens de métier, et la plupart des provinces et territoires se sont engagés récemment à assurer une certaine forme de reconnaissance aux gens de métier qui ne sont pas visés par le programme du Sceau rouge.

Avec moins de six mois avant l'échéance prévue dans l'ECUS, les organismes de réglementation et les gouvernements ont intensifié les travaux en vue de respecter les obligations prévues au chapitre 7. Tous les gouvernements surveillent de près les progrès réalisés par les organismes de réglementation et les encouragent à terminer leurs travaux d'ici le 1er juillet 2001. Au printemps 2001, le FMMT envisagera une façon d'assurer la conformité au chapitre concernant la mobilité de la main-d'oeuvre, à la fois sur le plan collectif et pour chacune des provinces et chacun des territoires. Il prendra aussi, s'il y a lieu, une décision au sujet des conséquences devant être envisagées dans les cas où des organismes de réglementation ne respecteraient pas le délai.

Une question a été soulevée afin de savoir si l'application par la Commission de la fonction publique de restrictions d'ordre géographique au regard de l'admissibilité à des postes au sein de la fonction publique cadre avec ce que prévoient l'Accord sur le commerce intérieur et la Charte des droits et libertés. La Commission de la fonction publique a reçu une opinion juridique indiquant que ses pratiques sont conformes à ce que prévoient l'Accord sur le commerce intérieur et la Charte. Cependant, les politiques et pratiques actuelles de la Commission de la fonction publique en matière de recrutement sont passées en revue dans l'esprit de l'ECUS avec l'intention de traiter de la question.
 

Aide financière aux étudiants

Le gouvernement du Canada et chacun des gouvernements provinciaux et territoriaux disposent de programmes distincts pour l'aide financière aux étudiants. Le Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) est géré et offert au nom du gouvernement du Canada par les provinces et les territoires participants. Le Québec, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut offrent leurs propres programmes pour lesquels ils reçoivent du financement du gouvernement du Canada.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que des groupes d'étudiants, des organisations du milieu de l'éducation et des institutions financières ont recommandé l'harmonisation du PCPE et des programmes provinciaux de prêts. On souhaite ainsi abolir l'exigence actuelle voulant que les étudiants soient évalués selon deux ensembles de critères d'admissibilité, en vertu de deux processus administratifs.

Dans le budget fédéral de 1998 le gouvernement du Canada s'est engagé à travailler de concert avec les provinces et les territoires en vue de mieux coordonner les programmes de prêts aux étudiants. Le 1er août 2000, il a commencé à financer directement le Programme canadien de prêts aux étudiants, et il discute avec un certain nombre de provinces d'une option prévoyant «un prêt pour un étudiant» qui serait transférable dans son intégralité dans tous les établissements d'enseignement désignés au Canada.

Des progrès importants ont été réalisés pour ce qui est de faciliter la mobilité des étudiants partout au Canada. Les douze provinces et territoires qui ont des programmes de prêts permettent maintenant aux étudiants canadiens d'utiliser leurs prêts d'études provinciaux ou territoriaux pour étudier à l'extérieur de leur province ou territoire d'origine. Le gouvernement fédéral continuera de travailler avec les provinces et les territoires en vue de favoriser encore davantage la mobilité des étudiants.
 

LE PLAN D'ACTION FÉDÉRAL CONCERNANT LA MOBILITÉ

Étant donné la portée nationale des programmes fédéraux, il n'est pas étonnant que l'examen des programmes fédéraux dans les secteurs clés n'ait permis de relever que peu de problèmes liés à des obstacles à la mobilité fondés sur la résidence. Étant donné qu'une grande partie des activités du gouvernement fédéral ont une portée nationale, l'admissibilité comme telle à ces programmes est fondée sur des critères établis à l'échelle nationale, qui ne font pas de distinctions entre les différentes régions du Canada.

Les obstacles institutionnels les plus évidents à la mobilité des Canadiens sont centrés sur les qualifications professionnelles et les exigences en matière de résidence qui sont décrites dans la dernière partie. Une fois que seront en place tous les accords de reconnaissance mutuelle et les lois provinciales nécessaires, les travailleurs et les employeurs canadiens constateront des améliorations réelles par rapport à la situation qui existait lorsque l'ACI a été signé en 1994.

Le gouvernement du Canada continuera à travailler activement avec les provinces et les territoires en vue de permettre aux étudiants de poursuivre plus facilement leurs études à l'endroit où ils le désirent au Canada.
 

ACTIVITÉS À VENIR

D'ici le délai lié à la mobilité prévu dans l'entente-cadre sur l'union sociale, le gouvernement du Canada continuera à tout mettre en oeuvre pour que les activités et les programmes fédéraux ne présentent pas d'obstacles à la mobilité dans les domaines des études postsecondaires, de la formation professionnelle, de la santé et des services sociaux et de l'aide sociale - que ceux-ci soient exécutés directement par le gouvernement fédéral ou par des tiers. Étant donné le risque que des obstacles puissent être créés en raison de l'exécution de programmes fédéraux par divers tiers, le gouvernement du Canada surveillera attentivement ces activités et règlera les problèmes un à un à mesure qu'ils se présenteront. La Commission de la fonction publique examinera également ses politiques et ses pratiques actuelles de recrutement ayant trait à l'application de restrictions d'ordre géographique à l'admissibilité à des postes de la fonction publique.

En outre, conformément aux engagements des gouvernements que renferme l'entente, le gouvernement du Canada continuera de travailler en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour ce qui suit :

  • veiller à ce que les nouvelles initiatives en matière de politiques sociales ne créent pas de nouveaux obstacles à la mobilité;

  •  
  • faciliter encore davantage la mobilité pour les étudiants qui veulent faire des études postsecondaires;

  •  
  • continuer à envisager des moyens de faciliter la mobilité des Canadiens, conformément aux principes énoncés dans l'entente, de façon à « assurer à tous les Canadiens, peu importe où ils vivent ou se déplacent au Canada, l'accès à des programmes ou services sociaux essentiels qui soient de qualité sensiblement comparable »;

  •  
  • obtenir, d'ici le 1er juillet 2001, la conformité aux dispositions de l'ACI concernant la mobilité de la main-d'œuvre.

  •  
Le gouvernement du Canada demeure tout à fait engagé à faire sa part afin d'assurer l'atteinte des objectifs liés à la mobilité qui ont été fixés par les premiers ministres.

Annexe 1

Principes de l'entente-cadre sur l'union sociale

Le 4 février 1999

L'union sociale doit traduire les valeurs fondamentales des Canadiens - égalité, respect de la diversité, équité, dignité de l'être humain, responsabilité individuelle, - de même que notre solidarité et nos responsabilités les uns envers les autres.

Aussi, dans le respect de leurs compétences et pouvoirs constitutionnels respectifs, les gouvernements s'engagent à adopter les principes suivants :
 

Tous les Canadiens sont égaux

  • Traiter tous les Canadiens avec justice et équité.

  •  
  • Promouvoir l'égalité des chances pour tous les Canadiens.

  •  
  • Respecter l'égalité, les droits et la dignité de tous les Canadiens et Canadiennes ainsi que leurs différents besoins.


Répondre aux besoins des Canadiens

  • Assurer à tous les Canadiens, peu importe où ils vivent ou se déplacent au Canada, l'accès à des programmes et services sociaux essentiels qui soient de qualité sensiblement comparable.

  •  
  • Offrir à ceux qui sont dans le besoin une aide appropriée.

  •  
  • Respecter les principes de l'assurance-maladie : intégralité, universalité, transférabilité, gestion publique et accessibilité.

  •  
  • Favoriser la pleine et active participation de tous les Canadiens à la vie sociale et économique du pays.

  •  
  • Travailler en partenariat avec les individus, les familles, les collectivités, les organismes bénévoles, les entreprises et les syndicats, et assurer aux Canadiens la possibilité de contribuer significativement au développement des politiques et programmes sociaux.
Maintenir les programmes et les services sociaux
  • Faire en sorte que les programmes sociaux bénéficient d'un financement suffisant, abordable, stable et durable.
Peuples autochtones du Canada
  • II est entendu qu'aucun élément de la présente entente n'abroge aucun traité ou autres droits des peuples autochtones du Canada, y compris l'autonomie gouvernementale ou n'y porte atteinte.

1.Le territoire du Nunavut a été créé le 1er avril 1999, c'est-à-dire deux mois après la signature de l'entente-cadre sur l'union sociale. Le gouvernement du Nunavut, qui a fait mention récemment de son désir de devenir un signataire officiel de l'entente, participe depuis sa création aux activités du Conseil ministériel sur la refonte des politiques sociales.

2. Les principes de l'entente-cadre sur l'union sociale sont exposés à l'annexe 1.

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