[ Ministre du Développement des ressources humaines Canada/Minister of Human Resources Development Canada, Ottawa, K1A 0J9 ]

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« Des partenariats efficaces à l'oeuvre»
 

Notes pour une allocation que prononcera
 

l'Honorable Pierre S. Pettigrew

Ministre du développement des ressources humaines
 
 
 

Devant le

Conseil canadien de la réadaptation et du travail
 

Ottawa
 

Le 20 Octobre 1997




La version prononcée fait foi
 


Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de me trouver devant un groupe de personnes qui, comme moi, ont à coeur d’ouvrir des portes aux personnes handicapées. Vous êtes aussi comme moi gagnés à l’idée de partenariats qui donnent des résultats.

Le Conseil canadien de la réadaptation et du travail est un partenaire efficace du gouvernement. Vous avez fait un travail énorme, en grande partie parce que vous formez une équipe forte et diversifiée.

Vous avez prouvé que le milieu de travail peut s’ouvrir aux personnes handicapées. Vous avez prouvé que les employeurs sont prêts, bien plus qu’on ne le pense, à faire appel aux compétences et aux capacités de ces personnes. Grâce à votre travail, un plus grand nombre de personnes handicapées trouvent un emploi et le conservent.

Vous avez travaillé étroitement avec des promoteurs du secteur privé, dont la plupart sont présents aujourd’hui. Nous avons collaboré avec vous pour vous aider à obtenir ces résultats. C’est cela un partenariat efficace à l’oeuvre.

Aujourd’hui, j’aimerais prendre quelques minutes pour vous mettre au courant de ce que nous faisons actuellement pour améliorer nos programmes et nos services destinés aux personnes handicapées. Plutôt que de vous les énumérer, j’aimerais insister sur l’approche que nous avons adoptée.

Cette approche se trouve résumée dans le titre de mon discours d’aujourd'hui, « Des partenariats efficaces à l’oeuvre ». Ce titre décrit très bien la voie que nous avons prise. Pendant bien longtemps, notre société a vu les personnes handicapées comme des personnes dont il fallait prendre soin. On les traitait davantage comme des « malheureux » que comme des personnes à part entière. Nous leur faisions la charité.

En toute justice, il faut se rappeler que les Canadiens agissaient ainsi avec les meilleures intentions du monde. Nous étions prêts à aider ceux qui se trouvaient dans le besoin, et c’était déjà bien mieux que de laisser les personnes handicapées à la charge de leur famille. Car, si certaines familles pouvaient assurer une bonne qualité de vie à leurs proches atteints d’un handicap, d’autres en étaient incapables. Et ce n’était pas juste.

Toutefois, comme nous le savons tous, le modèle caritatif comporte des lacunes fondamentales. D’autres – médecins, fonctionnaires et membres de leur famille – dirigeaient la vie des personnes handicapées. Les principaux intéressés eux-mêmes avaient rarement la possibilité de prendre des décisions importantes les concernant.

Depuis une génération, les personnes handicapées ont réussi à nous faire aller au-delà de la charité. Nous savons qu’elles ne sont pas simplement des clients, qu’elles ne sont pas juste des patients, qu’elles sont des personnes à part entière. Nous savons maintenant qu’elles peuvent, et qu’elles devraient, aspirer à plus.

Nous en sommes ainsi venus à ne plus penser en termes de charité, mais en termes de possibilités. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré notre philosophie sur la façon de bâtir une société et une économie plus fortes.

Je résumerais ainsi cette philosophie : les sociétés qui, collectivement, ont confiance en leurs possibilités ont en main un élément intangible, mais pourtant essentiel de leur développement. Et les sociétés sont le reflet de la confiance de leurs citoyens. Pour qu’une société progresse, il faut que les gens aient la conviction qu’eux-mêmes, leur famille et ceux qui les entourent pourront s’y bâtir une vie enrichissante.

C’est vrai que les mutations économiques et sociales de la dernière génération ont quelque peu miné notre confiance. Car pendant que, pour bien des Canadiens, l’adaptation à la transformation rapide de la société et de l’économie constituait un réel défi, il est devenu à la mode, dans certains cercles élitistes, de dire que l’État n’avait pas sa place dans la solution.

Je n’ai jamais été d’accord avec cela. Il y a des situations économiques et sociales où les forces du marché empêchent tout simplement la participation pleine et entière de tous les citoyens. C’est dans ces cas-là que le gouvernement peut aider les gens à acquérir les outils et, oui, la confiance, nécessaires pour tirer leur épingle du jeu. C’est dans ces situations-là aussi qu’on a besoin d’un gouvernement qui donne sa chance à tous.

Telle a été notre approche quand nous avons repensé nos politiques. Nous avons investi dans les gens en pensant aux possibilités qu’ouvre la nouvelle économie. Mais nous avons aussi arrêté de penser que la politique sociale et la politique économique étaient deux choses distinctes. Car elles sont en fait étroitement liées.

Nous avons aussi adopté de nouvelles méthodes pour atteindre nos objectifs. Nous réalisons que nous devons être un partenaire efficace dans une vaste coalition. Une coalition qui comprend les gouvernements provinciaux, les organismes non gouvernementaux, les organismes sociaux et le secteur privé.

On a cru, à une certaine époque, que le gouvernement du Canada pouvait et devait tout faire. Et c’est malheureusement ce qui a contribué au marasme financier dont nous commençons à émerger. Nous n’allons certainement pas dire maintenant, même si certains le voudraient, que le gouvernement du Canada ne peut plus et ne devrait plus intervenir du tout. Nous irions du marasme à la catastrophe.

Possibilités et partenariats. Voilà les deux assises de notre politique sociale et économique. Et voici ce que nous avons bâti sur ces assises pour améliorer la condition des personnes handicapées.

La tâche accomplie par le groupe de travail fédéral concernant les personnes handicapées a constitué une étape importante. Depuis la publication, il y a près d’un an, du rapport de ce groupe de travail, mon ministère agit dans le sens de ses recommandations. Nous avons trouvé des moyens de rendre nos programmes, nos services et nos points de service plus accessibles, dans un souci d’égalité et en misant sur les résultats.

Dans le dernier budget fédéral, on a annoncé la création du Fonds d’intégration, qui représente un investissement de 90 millions de dollars sur trois ans. Nous avons aussi prévu 70 millions de dollars de plus en mesures fiscales au bénéfice des Canadiens qui doivent assumer des frais médicaux importants. Enfin, nous verserons 12 millions de dollars aux organismes qui représentent les personnes handicapées. J’ai le plaisir d’annoncer que le Conseil canadien de la réadaptation et du travail est l’un des premiers organismes à recevoir de l’aide du Fonds d’intégration.

Nous venons tout juste de présenter à la Chambre des communes les changements que nous nous proposons d’apporter au Régime de pensions du Canada. Un consensus fédéral-provincial s’est dégagé en faveur de ces changements qui feront en sorte que tous les Canadiens pourront compter sur un régime à la mesure de leurs moyens pendant plusieurs années encore. Ils viennent confirmer notre engagement à offrir des prestations d’invalidité dans le cadre du Régime de pensions du Canada, prestations qui continueront d’aller aux travailleurs qu’une invalidité oblige à quitter les rangs de la population active.

Ces changements mettront à profit les améliorations que nous avons déjà apportées pour accroître le soutien offert aux bénéficiaires des prestations d’invalidité du Régime de pensions du Canada.

Nous avons réalisé un projet-pilote de réadaptation professionnelle à l’intention des bénéficiaires de prestations d’invalidité du Régime de pensions du Canada les plus susceptibles d’en tirer profit. Il en résulte que la réadaptation professionnelle fera désormais partie intégrante du programme de prestations d’invalidité du RPC pour aider les gens qui touchent ces prestations à retourner au travail. Nous communiquerons avec vous et avec les autres groupes concernés pour discuter des questions d’ordre pratique entourant la mise en oeuvre de ce programme à l’échelle nationale.

En outre, pour encourager les bénéficiaires à jouer un plus grand rôle au sein de la société canadienne nous avons, en 1994, ajouté de nouvelles dispositions au RPC. Depuis, les bénéficiaires peuvent poursuivre des études ou faire du bénévolat sans risquer de perdre leurs prestations. De plus, un bénéficiaire qui retourne au travail continue à toucher ses prestations pendant une période de trois mois, ce qui facilite sa réintégration à la population active. Si son état de santé se détériore à nouveau et l’empêche de travailler, sa demande de prestations sera traitée suivant une procédure accélérée. Lors de la récente réunion des ministres provinciaux responsables des Services sociaux, que j’avais l’honneur de coprésider, j’ai pu constater avec plaisir leur engagement de voir au rétablissement rapide des prestations dans les cas où la tentative de retour au travail du bénéficiaire échoue.

C’est là un exemple de plus des efforts consentis par notre gouvernement pour répondre aux besoins en pleine évolution des personnes handicapées. Et l’objectif est le même que celui des projets-pilotes mettant à l’essai de nouveaux modes de fonctionnement et des efforts visant à améliorer la coordination entre les gouvernements et le secteur privé : nous voulons améliorer les liens entre le soutien du revenu et les services offerts aux personnes handicapées.

Je suis heureux de pouvoir vous dire que nos partenaires des capitales provinciales appuient sans réserve une approche fondée sur les possibilités d’intégration et les partenariats pour régler les questions liées à l’invalidité. Ils comprennent bien qu’ensemble nous pouvons réaliser beaucoup de choses. Et c’est ensemble que nous devons les réaliser.

Je suis fier des progrès que nous avons réalisés ensemble l’an dernier. Nous avons illustré de façon on ne peut plus concrète le fonctionnement de l’union sociale canadienne. Répondre aux besoins des personnes handicapées est l’une de nos grandes priorités. Àla récente réunion des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des services sociaux, nous avons également discuté des questions relatives aux prestations et aux services offerts aux personnes handicapées. Nous avons examiné les travaux en cours, notamment au chapitre des orientations stratégiques, de l’harmonisation des modes de soutien du revenu et du remplacement du Programme de réadaptation professionnelle des personnes handicapées par une nouvelle initiative axée sur l’emploi. Tous les gouvernements se sont mis d’accord sur les princiaux éléments d’une initiative qui remplacerait ce programme de réadaptation et qui s’appellerait Aide à l’employabilité pour les personnes handicapées. Axée sur les résultats, cette initiative visera en priorité à aider les gens à se préparer à travailler et à conserver leur emploi.

Deux éléments se sont dégagés très nettement de nos discussions. Premièrement, les personnes handicapées et les organisations qui les représentent doivent participer activement à la définition et à la mise en oeuvre des solutions requises. Deuxièmement, nous ne parviendrons pas à grand résultat sans le concours de partenaires dans l’ensemble de la société.

Il est essentiel que toutes les personnes handicapées et les groupes qui les représentent participent à la recherche de solutions. Le produit final ne reflète pas toujours le point de vue des personnes consultées. Pourtant, je suis convaincu que le travail fait par mon ministère s’améliore chaque fois que des personnes handicapées ou des personnes oeuvrant auprès d’elles, dévouées et bien informées, nous font part de leurs commentaires.

Et cela est, à mon avis, tout particulièrement vrai dans le cas de l’emploi. Les employeurs peuvent être des chefs de file dans la lutte contre les obstacles à l’intégration professionnelle. Leur exemple pourrait paver la voie à l’ouverture de nouvelles perpectives dans la société toute entière.

Votre Conseil a déjà fait beaucoup pour aider les personnes handicapées à acquérir les compétences nécessaires et à pouvoir montrer ce qu’elles peuvent faire au travail. Vous offrez le Service d’information sur les aménagements depuis plus de 10 ans, et nous ne pouvons que vous féliciter pour le magnifique travail accompli.

Des félicitations sont de mise également pour le Wide Area Employment Network et le Skills Training Partnership Program dont vous soulignez les bons résultats aujourd’hui. Ces deux programmes se sont révélés des modèles d’efficacité dans la réduction des limites que la société impose souvent aux personnes handicapées. Je dois également lever mon chapeau devant les impressionnants succès obtenus grâce à la participation et la contribution de vos membres à une initiative de partenariat qui est un modèle du genre.

Dans l’ensemble, votre travail a toujours montré que les employeurs, les organismes non gouvernementaux et les dirigeants du monde de l’éducation peuvent conjuguer leurs efforts pour favoriser l’intégration des personnes handicapées. Vous avez prouvé que des mesures concrètes peuvent faire changer les attitudes à l’égard des personnes handicapées bien davantage que ne pourrait le faire une campagne de relations publiques, si bien intentionnée soit-elle. À la lumière de votre travail et de l’orientation adoptée par le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux, il est bien clair que nous partageons les mêmes objectifs. Nous respectons le droit qu’ont les personnes handicapées d’assumer le plein contrôle sur leur propre existence. Nous respectons leur droit de profiter d’un accès équitable aux outils d’intégration – sur le marché du travail et au sein de la société. Nous sommes tout à fait conscients des vastes perspectives qu’ouvrent les possibilités d’intégration et les partenariats lorsqu’on y investit des efforts concrets.

Nous passons à l’action parce que nous savons qu’il s’agit d’une question de droits fondamentaux de la personne et que toute la société en sortira gagnante.

L’autonomie est à la base de la confiance en soi. Et lorsque cette confiance se traduit par de meilleurs emplois et une plus grande participation à la vie communautaire, c’est nous tous qui en profitons. C’est toute la société qui a davantage confiance en ses possibilités. Merci pour le travail que vous accomplissez pour permettre au Canada de se rapprocher de ces objectifs.
 
 

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