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Chapitre 5 — Jeunes enfants des Premières Nations au Canada(105)

Le rapport de l’an dernier, Le bien-être des jeunes enfants au Canada : Rapport du gouvernement du Canada 2002, dressait le profil des jeunes enfants autochtones en utilisant les données les plus à jour disponibles. Il continue d’exister peu de données nationales comparables sur l’ensemble des jeunes autochtones — y compris, ceux des Premières Nations, des Métis, des Inuits et d’autres groupes. Le présent chapitre porte donc sur la santé périnatale(106) des enfants des Premières Nations qui vivent sur des réserves et fournit les données et résultats de recherche les plus récents, soit pour l’année 2000. Les prochains rapports continueront d’améliorer nos connaissances sur la situation de tous les jeunes autochtones, utilisant les nouvelles données au fur et à mesure qu’elles sont disponibles. À titre d’exemple, les données du questionnaire sur les enfants de la deuxième Enquête auprès des peuples autochtones fourniront des renseignements sur des sujets tels, l’état général de santé et le bien-être des jeunes autochtones.

La population de Premières Nations est plus jeune

Toute proportion gardée, la population des Premières Nations au Canada compte plus de jeunes que la population canadienne dans son ensemble. En 1999, 12,4 % des membres des Premières Nations étaient âgés de moins de 4 ans, par rapport à 6,6 % pour l’ensemble de la population canadienne. Bien que le taux de jeunes enfants chez les Premières Nations ait diminué légèrement entre 1979 et 1999 — de 12,9 % à 12,4 % respectivement(107) — , la répartition de la population des Premières Nations continue d’être nettement plus jeune que l’ensemble de la population canadienne.

Parallèlement à la diminution du taux de natalité de l’ensemble de la population, celui des Premières Nations a maintenu sa tendance à la baisse, passant de 30,1 à 25 naissances pour 1 000 habitants de 1987 à 2000(108). Malgré cette diminution, le taux de naissances dans les communautés des Premières Nations est plus du double de celui de l’ensemble de la population, qui se situe à 10,7 naissances pour 1 000 habitants en 2000(109). D’autres peuples autochtones des États-Unis et de l’Australie affichent des taux de naissances comparables à celui des Premières Nations canadiennes(110).

Les femmes des Premières Nations donnent naissance à un jeune âge

En 2000, les femmes des Premières Nations avaient tendance à donner naissance à un âge plus jeune que l’ensemble de la population canadienne. Ce sont les femmes au début de la vingtaine, âgées entre 20 et 24 ans, qui donnaient le plus de naissance (33 %). Moins de 1 % des naissances étaient attribuées à de très jeunes mères, âgées entre 10 et 14 ans, tandis que moins de 10 % des femmes âgées entre 35 et 49 ans avaient des enfants. On retrouve près de 20 % des naissances chez les mères adolescentes âgées entre 15 et 19 ans. À titre comparatif, ce taux est de moins de 6% pour l’ensemble de la population canadienne(111). La courbe des naissances des Premières Nations au Canada correspond à celles des peuples autochtones des États-Unis et de l’Australie(112).

Plus de bébés des Premières Nations ont un poids élevé à la naissance

L’accroissement des dangers pour la santé est relié à un poids très faible ou élevé à la naissance. Chez les Premières Nations, 5,3 % des bébés ont un poids faible, un taux légèrement moins élevé que celui de l’ensemble de la population qui se situe à 6 %. Toutefois, un pourcentage important de mères (21 %) chez les Premières Nations avaient des bébés de poids élevé, par rapport à 13% pour l’ensemble de la population. Même si la moyenne des poids à la naissance pour les bébés des pays industrialisés s’accroît(113), la différence entre le pourcentage de bébés pesant plus de 4 000 gr chez les Premières Nations et l’ensemble de la population demeure important.

Les jeunes enfants des Premières Nations affichent des taux élevés de mortalité

Le taux de mortalité infantile, soit les enfants qui meurent au cours de leur première année (à l’exception des bébés mort-nés), diminue de façon constante chez les Premières Nations depuis 1979, alors que celui-ci culminait à 27,6 morts pour 1 000 naissances vivantes. En 2000, le taux de mortalité infantile chez les Premières Nations était de 6,2 morts pour 1 000 naissances vivantes.

Malgré cette régression constante, le taux de mortalité infantile chez les Premières Nations demeure plus élevé que celui de l’ensemble de la population (5,4 morts pour 1 000 naissances vivantes)(114). Le taux de mortalité chez les enfants des Premières Nations correspond à celui qui se retrouve chez les groupes à plus faible revenu en milieu urbain au Canada, là où il y a 1,6 fois plus de risques de mortalité infantile que chez les groupes à revenu élevé(115).


  1. Nous tenons à remercier Susan Taylor-Clapp de la Direction générale de la santé des Premières
    Nations et des Inuits, Santé Canada qui a participé à la rédaction de ce chapitre.
  2. La période périnatale est celle qui entoure la naissance, surtout les cinq mois qui la précède et le mois qui la suit.
  3. Santé Canada (2002) Profil statistique de la santé des Premières Nations au Canada. Gouvernement du Canada.
  4. Ibid.
  5. Statistique Canada. http://www.statcan.ca/francais/Pgdb/demo04b_f.htm
  6. United States Indian Health Service (2000); Edwards, R. W. et R. Maddon (2001) The Health and Welfare of Australia’s Aboriginal and Torres Strait Islander People. Canberra, Australian Bureau of Statistics.
  7. Statistique Canada (2000).
  8. Edwards, R. W. et R. Maddon (2001) The Health and Welfare of Australia’s Aboriginal and Torres Strait Islander People. Canberra, Australian Bureau of Statistics.
  9. Ananth et Wen (2002) « Trends in Fetal Growth » dans Seminars in Perinatology, 26.
  10. Santé Canada (2000) Rapport sur la santé périnatale au Canada, 2000.
  11. Ibid.