Introduction

 

page précédente

table des matières

page suivante

English

jeu de trois enfants

Contexte

Entente sur le développement de la petite enfance
En septembre 2000, le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux et territoriaux (à l’exception du gouvernement du Québec) ont conclu une entente historique visant à améliorer et à étendre les services et les programmes conçus à l'intention des enfants de moins de six ans et de leur famille. L’Entente sur le développement de la petite enfance est un engagement à long terme d’aider les jeunes enfants à réaliser leur plein potentiel et d’aider les familles à soutenir leurs enfants.

En vertu de l’Entente, les gouvernements se sont engagés à tenir le public au courant des progrès réalisés dans le domaine du développement de la petite enfance. Plus précisément, les premiers ministres se sont engagés à produire des rapports sur les investissements au chapitre des programmes et des services de développement de la petite enfance ainsi que sur les résultats pour les enfants.

À compter de l’automne 2002, chacun des gouvernements participants élaborera un rapport annuel faisant état de ses progrès relativement à l’amélioration des programmes et des services de développement de la petite enfance en vertu de l’Entente. Le gouvernement du Canada a récemment rempli cet engagement en publiant le rapport intitulé Activités et dépenses relatives au développement de la petite enfance : Rapport 2001-2002 du gouvernement du Canada (on peut obtenir ce rapport sur Internet à www.unionsociale.gc.ca ou par téléphone au 1 800 O-Canada (1 800 622-6232)).

Toujours à l’automne 2002, les gouvernements participants commenceront à publier des rapports périodiques sur le bien-être de l’enfant. Ces rapports contribueront à sensibiliser le public au sort des jeunes enfants au Canada et témoigneront de l’engagement des gouvernements quant à l’atteinte des objectifs de l’Entente sur le développement de la petite enfance. Par le présent rapport, le gouvernement du Canada amorce la démarche de reddition de comptes à laquelle il s’est engagé.

Plan d’action national pour les enfants – Une vision commune pour les enfants du Canada

En 1999, le gouvernement du Canada, de concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, a commencé à travailler au Plan d’action national pour les enfants (PANE), qui énonce une vision commune pour les enfants du Canada. Cette vision commune propose que les enfants vivent dans un climat d’amour et s’épanouissent, qu’ils soient valorisés, qu’ils réalisent pleinement leurs capacités physiques, affectives, intellectuelles, spirituelles et créatives particulières, qu’ils soient respectés et protégés et que, à leur tour, ils respectent et protègent les droits d’autrui, qu’ils fassent partie de collectivités qui valorisent la diversité, soutiennent des aptitudes différentes et prônent le partage des ressources et qu’ils contribuent à la vie de ces collectivités.

La vision commune du PANE énonce aussi des valeurs et des objectifs pour les enfants canadiens de même que six domaines stratégiques dans lesquels les gouvernements pourraient intervenir en coopération pour mieux soutenir les enfants. L’amélioration du développement de la petite enfance est l’un des domaines d’intervention retenus par les gouvernements.

Rapports sur les résultats pour les enfants
Au Canada, on reconnaît de plus en plus l’importance des premières années de la vie. Les expériences des enfants, de la conception jusqu’à l’âge de cinq ans, constituent le fondement de leur évolution dans tous les aspects de la vie. Il importe donc de surveiller et de suivre l’information sur le bien-être et le développement des enfants au Canada afin de se sensibiliser à leur situation et de mieux la comprendre. Le suivi continu peut donner un « signal d’avertissement » attirant l’attention sur des domaines où les enfants nécessitent davantage d’appui et peut aussi signaler des résultats positifs. De ce fait, le suivi offre un outil solide permettant d’éclairer et d’améliorer l’élaboration des politiques et d’assurer que les mesures prises par les gouvernements et d’autres intervenants sont aussi pertinentes et efficaces que possible.

Cadre de surveillance du bien-être de l’enfant

Qu’est-ce que le « bien-être de l’enfant »?
« Les premières années de la vie sont très importantes pour le développement et le bien-être d’un enfant puisque c’est à ce moment-là que s’acquièrent les capacités et les habiletés d’adaptation qui influeront sur l’apprentissage, le comportement et la santé. »2L’une des méthodes les plus répandues de définition du bien-être se fonde sur un cadre comportant cinq éléments : santé physique et développement moteur; santé émotionnelle; connaissances et compétences sociales; apprentissage cognitif; aptitudes langagières.

Cinq éléments du bien-être de l’enfant 3

Santé physique et développement moteur :
état de santé général de l’enfant, motricité globale et fine.

Santé émotionnelle :
estime de soi de l’enfant, capacité d’adaptation et bien-être affectif général.

Connaissances et compétences sociales :
comportement de l’enfant et capacité de communiquer ses sentiments et ses désirs.

Apprentissage cognitif :
perception, organisation et analyse par l’enfant de l’information émanant de son milieu social et physique.

Aptitudes langagières :
capacité de communiquer de l’enfant, y compris les aptitudes à comprendre et à s’exprimer.

 

Influences du milieu sur le bien-être de l’enfant
Les enfants sont façonnés par le monde qui les entoure, et bon nombre de facteurs influent sur leur développement. Il est généralement admis que « les enfants en bonne santé sont le plus souvent souvent issus de familles en bonne santé, elles-mêmes regroupées dans des collectivités où règne un climat favorable ».4 La compréhension des principaux facteurs qui influencent le développement de l’enfant peut aider la société à faire les choix qui contribueront à créer un milieu stimulant pour les enfants.

La vision commune du PANE retient cinq influences clés du milieu ayant une incidence sur le développement de l’enfant : l’hérédité biologique, la famille, la garderie et l’école, le milieu physique et communautaire ainsi que la société.

Parmi ces influences, la famille revêt une importance clé. Les parents sont le principal soutien des enfants et jouent un rôle fondamental dans leur développement. Chaque enfant, à la naissance, hérite de ses parents d’un ensemble particulier de caractéristiques susceptibles d’influencer son bien-être dans les cinq domaines décrits. Et c’est au sein de la famille que la majorité des enfants passent leurs années de formation et que se produit une grande partie de leur développement.

Les familles sont façonnées par le milieu physique et communautaire dans lequel elles vivent. Les collectivités offrent l’infrastructure de base de la vie familiale, notamment le logement, l’éducation et l’emploi. Le milieu physique peut avoir une influence considérable sur la santé et le bien-être de l’enfant. Les recherches commencent à démontrer qu’une collectivité qui présente un niveau élevé de cohésion, de stabilité et de soutien social favorise le développement sain de l’enfant.

Comment les gouvernements font-ils des rapports sur le développement de la petite enfance?

Le gouvernement du Canada collabore avec les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi qu’avec les collectivités pour accroître le bien-être de l’enfant. Le PANE, la Prestation nationale pour enfants et l’Entente fédérale-provinciale-territoriale sur le développement de la petite enfance sont autant d’exemples de l’engagement qu’ont pris les gouvernements de travailler ensemble dans divers domaines touchant les enfants. Dans cet esprit, les gouvernements ont reconnu l’importance de suivre le bien-être des jeunes enfants et d’en faire rapport périodiquement de façon à éclairer l’élaboration des politiques, à informer le public et à le sensibiliser à ces enjeux. Dans l’Entente sur le développement de la petite enfance de septembre 2000, les premiers ministres se sont engagés à « présenter régulièrement au public des rapports sur les indicateurs de résultats sur le bien-être des enfants, en utilisant un ensemble d’indicateurs communs... qui se rattachent aux objectifs établis relativement au développement de la petite enfance ».

Lors du choix des indicateurs devant faire l’objet des rapports, les gouvernements ont tenté de tenir compte des cinq éléments du bien-être afin de tracer un portrait du bien-être de l’enfant aussi complet que possible. Les gouvernements ont examiné les indicateurs du bien-être de l’enfant reconnus à l’échelle nationale et internationale tout en tenant compte des données disponibles au Canada à l’échelle nationale, provinciale ou territoriale. Ils ont aussi veillé à retenir des indicateurs significatifs aux yeux du public et susceptibles d’accroître les connaissances relatives au bien-être de l’enfant sans reproduire les rapports présentement réalisés par d’autres (p. ex., des organismes non gouvernementaux et des chercheurs). On a consulté des spécialistes pour s’assurer que les indicateurs retenus sont à la fois significatifs et valables sur le plan méthodologique.

Les gouvernements ont convenu de produire des rapports sur un ensemble commun de 11 indicateurs des résultats pour les enfants. Ils ont également convenu de publier leurs rapports à l’automne 2002. Grâce à ces rapports, les Canadiens pourront mieux comprendre le sort des jeunes enfants au Canada. La publication de ces rapports par tous les gouvernements participants marquera une première : une reddition de comptes, par les gouvernements au public, fondée sur un ensemble d’indicateurs du bien-être de l’enfant adopté d’un commun accord.

Entente sur le développement de la petite enfance – Indicateurs communs du bien-être des jeunes enfants

Santé physique et développement moteur

  • Poids-santé de l’enfant à la naissance
  • Incidence de méningococcie du
    groupe C
  • Incidence de rougeole
  • Incidence d’hemophilus influenzae B (HIB)
  • Taux de mortalité infantile
  • Développement moteur et social

Santé émotionnelle

  • Troubles affectifs – anxiété
  • Hyperactivité – déficit de l’attention
  • Agressivité physique – troubles comportementaux

Connaissances et compétences sociales

  • Comportement prosocial

Apprentissage cognitif et aptitudes langagières

  • Langage

Forme du rapport

Le présent rapport du gouvernement du Canada vise à favoriser la compréhension face à la situation des jeunes enfants canadiens et de leur famille. Pour ce faire, le rapport se concentre sur les 11 indicateurs du bien-être des jeunes enfants retenus par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et s’appuie également sur des indicateurs complémentaires de la santé physique des enfants de même que sur des mesures des influences clés qu’exercent la famille et la collectivité sur le bien-être des enfants.

Le deuxième chapitre, « Portrait des jeunes enfants au Canada », présente les indicateurs liés aux cinq dimensions du bien-être de l’enfant : santé physique et développement moteur, santé émotionnelle, connaissances et compétences sociales, apprentissage cognitif et aptitudes langagières. Le chapitre commence par une mise en contexte des jeunes enfants au Canada et présente ensuite des données sur la santé, la sécurité et la protection ainsi que sur le développement de ces enfants.

Le troisième chapitre, « Portrait des familles canadiennes », présente des renseignements clés sur le milieu dans lequel grandissent les jeunes enfants. Plus précisément, on décrit dans ce chapitre les genres de familles au sein desquelles se développent les jeunes enfants, les caractéristiques des parents et l’interaction entre parents et enfants.

À l’heure actuelle, on dispose de peu de données sur les jeunes enfants autochtones. Le quatrième chapitre donne un aperçu de l’information disponible sur ce groupe d’enfants. Il met également en relief les lacunes statistiques et les sources potentielles de données futures. On espère que les rapports ultérieurs seront en mesure de fournir des renseignements plus complets sur les enfants autochtones.

Dans le même ordre d’idées, il existe peu de données sur les enfants ayant une incapacité. Le cinquième chapitre présente une synthèse des connaissances sur ces enfants. On espère également que, grâce à de nouvelles sources de données, il sera possible de fournir des renseignements plus détaillés sur ceux-ci dans les prochains rapports.

Le chapitre 6 prend la forme d’un tableau synthèse des indicateurs du bien-être des jeunes enfants et des mesures liées à la famille et à la collectivité décrites aux chapitres 2 et 3 du rapport. Les indicateurs portant un astérisque (*) sont au nombre des 11 indicateurs retenus d’un commun accord par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

La liste des sigles employés dans le rapport se trouve à l’annexe A.

Sources de données

Mesurer le bien-être des enfants représente un défi de taille. Les enfants grandissent et se développent rapidement de la naissance à cinq ans, de sorte qu’une mesure du bien-être appropriée à un âge donné ne le serait pas un an plus tôt ou plus tard. Le développement de l’enfant se manifeste dans une vaste gamme d’habiletés et de caractéristiques qu’aucun indicateur pris isolément ne peut mesurer. Par conséquent, les indicateurs présentés dans le rapport couvrent diverses dimensions du développement de l’enfant. Dans certains cas, les indicateurs s’appliquent uniquement aux enfants d’un groupe d’âge défini, dans d’autres cas, ils s’appliquent à tous les enfants âgés de cinq ans et moins. Ensemble, les indicateurs dressent un profil général de la situation des jeunes enfants au Canada.

Bien qu’il ne soit pas encore possible de mesurer tous les aspects du bien-être de l’enfant ou tous les facteurs qui influencent le bien-être, on a réalisé au cours des dernières années des progrès considérables au chapitre de la collecte des données dans ce domaine. Le Canada peut d’ailleurs se réclamer d’une longue tradition de collecte de données sur la santé. En particulier, le registre des statistiques de l’état civil est une importante source d’information sur la santé physique des jeunes enfants. Le Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT) fournit des renseignements précieux sur les blessures et les hospitalisations. Par ailleurs, le recensement offre des données descriptives sur les jeunes enfants et leur famille. Deux enquêtes postcensitaires, l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA)5 et la composante « Enfants » de l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA)6 constitueront vraisemblablement de nouvelles sources d’information. 7

Plus récemment, la réalisation de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) a permis d’élargir les connaissances sur les enfants, particulièrement sur les jeunes enfants, au Canada. Dans le premier cycle de collecte de l’ELNEJ (qui s’est échelonné de la fin de 1994 au début de 1995), on a interviewé les parents de quelque 23 000 enfants âgés de 11 ans et moins. Les parents ont fourni des renseignements non seulement sur leurs enfants mais aussi sur eux-mêmes, sur la famille, l’école et le quartier. Au cours des cycles subséquents de 1996-1997, 1998-1999, 2000-2001 et 2002-2003, on a recueilli des données auprès des mêmes familles et enfants, et on continuera de recueillir des données jusqu’à ce que ces enfants atteignent l’âge adulte. À chacun des cycles, on ajoute à l’échantillon initial de nouveaux enfants âgés de cinq ans et moins pour mieux comprendre les processus d’apprentissage et de développement dans les premières années de la vie.

L’ELNEJ est la principale source de données pour bon nombre d’indicateurs du bien-être de l’enfant présentés dans ce rapport. Les données les plus récentes de l’ELNEJ sont tirées du cycle 3 (1998-1999). Par conséquent, les données figurant dans ce rapport visent les enfants canadiens qui étaient âgés de cinq ans ou moins en 1998 et 1999, ce qui permettra d’établir un point de référence en fonction duquel on pourra mesurer l’évolution future du bien-être des enfants.

Dans quelques cas, les données se rapportent à une année de déclaration différente. Par exemple, dans le cas des enfants autochtones, les données les plus récentes sont tirées du recensement de 1996. Dans le cas des enfants ayant une incapacité, les données de l’EPLA de 2001 ne sont pas encore disponibles; les données les plus récentes proviennent donc de l’ESLA de 1991 (prédécesseur de l’EPLA).


2. Communiqué des premiers ministres sur le développement de la petite enfance, septembre 2000.
3. Adaptation de : Doherty, Gillian (mai 1997) De la conception à six ans : les fondements de la préparation à l’école, Direction générale de la recherche appliquée, document de recherche no R 97-8F, Ottawa, Développement des ressources humaines Canada.
4. Ross, David P., Katherine Scott et Mark A. Kelly (1996) « Aperçu : Les enfants du Canada durant les années 90 » dans Grandir au Canada – Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, Ottawa, Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada.
5. On prévoit diffuser les premières données de l’EPLA en 2003.
6. On prévoit diffuser les premières données de l’EAPA a partir de la fin de 2003.
7. Des renseignements supplémentaires sur ces enquêtes sont présentés aux chapitres 4 et 5 du rapport.

 

page précédente

table des matières

page suivante

English