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Le présent chapitre vise à tracer le portrait du milieu
familial dans lequel grandissent aujourd’hui les jeunes enfants.
Grâce à la publication de nouveaux résultats de recherche,
les prochains rapports pourront explorer l’influence de la famille
sur la situation des enfants. « En comprendre les effets nous permet
de choisir des interventions qui renforcent les environnements de soutien
des enfants et améliorent leur développement. »27
Plus précisément, ce chapitre répondra à quelques
questions importantes sur les familles des jeunes enfants canadiens :
Dans quels genres de famille les jeunes enfants canadiens vivent-ils?
Qui sont les parents des jeunes enfants canadiens? Comment exercent-ils
leur rôle parental?
Dans quels genres de famille les jeunes enfants
canadiens vivent-ils?
La majorité des jeunes enfants grandissent dans une famille biparentale
– recomposée ou intacte.28 En
1998-1999, 86 % des jeunes enfants vivaient au sein d’une famille
biparentale.

Figure 15: Répartition des jeunes enfants au Canada
selon le genre de famille, 1998-1999

D
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les
jeunes, Cycle 3 (1998-1999)

Le nombre de familles monoparentales au Canada a augmenté au cours
des deux dernières décennies. Entre 1971 et 1991, la proportion
de familles monoparentales est passée de 9,4 % à 13 % de
l’ensemble des familles.29 En 1998-1999,
14,1 % des jeunes enfants vivaient au sein d’une famille monoparentale.
La proportion des familles monoparentales dirigées par une femme
est nettement supérieure à celle des familles monoparentales
dirigées par un homme. En 1998-1999, 13,5 % des jeunes enfants
vivaient dans une famille monoparentale ayant une femme à sa tête,
comparativement 0,6 % pour les familles monoparentales dirigées
par un homme.
La séparation parentale, lorsqu’elle
se produit, survient plus tôt dans la vie des enfants. Si environ
5 % des enfants nés au début des années 1960 ont
vécu une séparation parentale avant leur sixième
anniversaire, près de 25 % des enfants nés à la fin
des années 198030 ont vécu
une telle situation au même âge.
Le nombre de familles nombreuses et la proportion qu’elles représentent
dans l’ensemble des familles a diminué au cours des dernières
années. En 1901, la famille moyenne se composait de 4,5 personnes.
En 1986, la taille moyenne de la famille était passée à
3,1 personnes31 et a diminué de nouveau
pour s’établir à 3,0 personnes en 1998-1999. En 1998-1999,
plus de 25 % des jeunes enfants au Canada étaient des enfants uniques
(sans frères ni sœurs).
En outre, les mères tendent à avoir leurs enfants plus
tardivement. Compte tenu de l’importance accordée aux études
et à la carrière, les femmes choisissent de retarder la
maternité. Par conséquent, l’âge moyen de la
mère à la naissance du premier enfant ne cesse d’augmenter
depuis les années 1960. À la fin des années 1960,
les femmes donnaient naissance à leur premier enfant vers l’âge
de 23 ans. En 1999, c’est à environ 27 ans qu’elles
deviennent mères pour la première fois. 32
L'indice synthétique de fécondité au Canada diminue
en raison de l’âge plus avancé des femmes à
la maternité et de la réduction de la taille de la famille.
En 1999, l'indice synthétique de fécondité au Canada
s’établissait à 1,52 enfant par femme. Il s’agit
là d’un recul de 40 % de l'indice synthétique de fécondité
pour les femmes de 20 à 24 ans et d’une baisse de 25 % pour
les femmes de 25 à 29 ans au cours des 20 dernières années.
Dans quels genres de logement et de collectivité
ces familles vivent-elles?
Le genre de logement que l’on habite tend à influer sur
le mode de vie.
Des recherches fondées sur les données du recensement de
1996 révèlent que la majorité des enfants canadiens
âgés de 18 ans et moins vivent dans des logements qui respectent
les normes de prix abordable, de taille convenable et de qualité
convenable. Cependant, 15 % des enfants vivent au sein de familles aux
prises avec des « besoins impérieux de logement »,
c’est-à-dire dont le logement ne respecte pas l’une
ou l’autre de ces normes. En règle générale,
les enfants vivant dans un logement locatif sont nettement plus susceptibles
d’avoir des besoins impérieux à ce chapitre (36 %
des ménages locataires contre 7 % des ménages propriétaires
font face à des besoins impérieux de logement). 33
Les parents veulent élever leurs enfants dans des quartiers stables
qui favorisent un sentiment de sécurité et de protection.
En 1998-1999, 84,9 % des répondants de l’ELNEJ ont déclaré
que leur quartier leur procurait un sentiment de satisfaction, de sécurité
et de cohésion.34 En général,
les personnes vivant en milieu rural affichaient un niveau de satisfaction
à l’égard de leur quartier légèrement
supérieur à celui des résidents de régions
urbaines.
À la fin des années 1990, le gouvernement du Canada a amorcé
des recherches dans 13 collectivités canadiennes afin de mieux
comprendre l’incidence des facteurs communautaires sur le développement
des jeunes enfants et d’améliorer la capacité des
collectivités d’utiliser les données ainsi produites
pour suivre le développement des enfants et prendre des mesures
communautaires efficaces dans ce domaine. Cette initiative, appelée
Comprendre la petite enfance (CPE), fournit de nouveaux renseignements
sur la relation entre les collectivités et le développement
de l’enfant. Les rapports ultérieurs présenteront
possiblement les résultats de cette initiative.
Qui sont les parents des jeunes enfants canadiens?
Niveau de scolarité
Dans l’actuelle économie du savoir, on accorde une grande
importance à la scolarité. « C’est dans le perfectionnement
des compétences que nos objectifs économiques et sociaux
se rejoignent ». 35
Figure 16: Plus haut niveau de scolarité atteint
par les parents de jeunes enfants,
Canada, 1998-1999

D
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les
jeunes, Cycle 3 (1998-1999)

En 1998-1999, près de la moitié des parents de jeunes enfants
avaient fait des études postsecondaires. Comme l’illustre
la figure 16, seulement 3,3 points de pourcentage séparent les
pères et les mères ayant obtenu un diplôme d’études
postsecondaires (48,7 % des pères contre 45,4 % des mères).
Le nombre de mères de jeunes enfants ayant un diplôme universitaire
ou collégial n’a cessé d’augmenter au cours
de la dernière décennie.
Travail à l’extérieur du foyer
Une grande majorité des jeunes enfants ont des parents qui travaillent
tous deux à l’extérieur du foyer. Par ailleurs, la
proportion de soutiens de famille monoparentale qui travaillent à
l’extérieur du foyer continue de croître.

Figure 17: Tendances relatives aux familles
à deux soutiens et à un soutien ayant de jeunes enfants,
Canada, 1976 à 2001

D
Source : Enquête sur la population active, Fichier de microdonnées
à grande diffusion
Note : En raison de problèmes de collecte, les données de
2000 ont été omises.

Si plus de parents travaillent, les mères
de jeunes enfants déclarent travailler moins d’heures rémunérées
en moyenne que leurs conjoints ou que les mères ayant des enfants
plus âgés.36 En outre, les mères
d’enfants de moins d’un an sont moins nombreuses à
travailler que les mères d’enfants âgés d’un
an à cinq ans.
Le Canada enregistre un pourcentage très élevé de
mères de jeunes enfants occupant un emploi si on le compare aux
pays de l’Union européenne. En 1996, 60 % des mères
canadiennes ayant au moins un enfant âgé de moins six ans
travaillaient,37 comparativement à
42 % en Italie, 40 % au Luxembourg et 36 % en Espagne.38
Risques pour la santé
Au cours des dernières années, un nombre croissant de campagnes
de sensibilisation ont mis en évidence les dangers de la consommation
de tabac et d’alcool durant la grossesse. Les recherches indiquent
que le tabagisme durant la grossesse peut entraîner des problèmes
de santé pour l’enfant, notamment un faible poids à
la naissance et une naissance prématurée. La consommation
d’alcool durant la grossesse fait courir un risque accru au chapitre
du syndrome d’alcoolisme fœtal et des effets de l’alcool
sur le fœtus.39

Figure 18: Consommation de tabac et d’alcool
durant la grossesse,
Canada, 1998-1999

D
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les
jeunes, Cycle 3 (1998-1999)

En 1998-1999, au Canada, 14,5 % des mères
ont consommé de l’alcool durant leur grossesse et 19,4 %
des mères fumaient alors qu’elles étaient enceintes.
À titre de comparaison, environ 13 % des mères aux États-Unis
fumaient la cigarette durant leur grossesse en 199940
, tandis que la proportion de ces femmes atteignait 20 % au Royaume-Uni
en 2000. 41
Au-delà des mises en garde contre les dangers de l’alcool,
du tabac et des drogues durant la grossesse, la population est de plus
en plus consciente des effets négatifs de la fumée secondaire.
Les jeunes enfants sont particulièrement sensibles aux effets de
la fumée secondaire du tabac (FST), qui peut entraîner divers
problèmes de santé à la naissance ou plus tard 42(faible
poids à la naissance et asthme, par exemple).
En 1998-1999, 72,6 % des personnes les mieux informées au sujet
de l’enfant et 70,4 % de leurs conjoints ne fumaient pas du tout.
En revanche, la majorité des fumeurs faisaient usage du tabac à
tous les jours. Les recherches démontrent que le fait qu’un
membre du ménage fume quotidiennement accroît considérablement
la probabilité d’exposer les enfants du ménage à
un environnement pollué. 43
Quels sont les défis que doivent relever les parents de jeunes
enfants?
Faible revenu
Le Canada n’a pas adopté de mesure officielle de la pauvreté;
on emploie plutôt plusieurs mesures distinctes. Le seuil de faible
revenu (SFR), l’une des méthodes les plus répandues,
est une mesure relative fondée sur le pourcentage du revenu consacré
aux besoins essentiels d’une famille moyenne. On peut envisager
cette mesure selon le revenu avant impôt ou selon le revenu après
impôt. 44
Table 1
Pourcentage des familles ayant de jeunes enfants et vivant
sous le seuil de faible revenu selon le genre de famille, 1999
|
| |
Familles biparentales |
Familles monoparentales |
Ensemble des familles |
SFR avant impôt
(année de base 1992) |
14,8 |
59,7 |
21,1 |
SFR après impôt
(année de base 1992) |
10,0 |
49,5 |
15,6 |
Source : Statistique Canada, Enquête sur la dynamique du travail
et du revenu
En 1999, 21,1 % des familles ayant des enfants âgés de cinq
ans et moins vivaient sous le SFR avant impôt (et 15,6 %, sous le
SFR après impôt).
Les familles monoparentales sont plus susceptibles que les familles biparentales
d’avoir un faible revenu. En 1999, 49,5 % des familles monoparentales
vivaient sous le SFR après impôt comparativement à
10 % des familles biparentales.
Le degré de faible revenu indique le revenu supplémentaire
qu’il faudrait à une famille moyenne ayant de jeunes enfants
et vivant sous le SFR pour atteindre le seuil de faible revenu. En 1999,
la famille moyenne à faible revenu aurait eu besoin d’un
revenu supplémentaire de 8 625 $ avant impôt ou de 6 255
$ après impôt pour atteindre le SFR.
Dépression des parents
La dépression est un problème de santé pouvant éventuellement
réduire la capacité du parent affecté de jouer un
rôle utile dans la vie de son enfant. 45
L’échelle de dépression employée dans l’ELNEJ
est une version condensée de l’échelle de dépression
CES-D. Cette échelle permet de mesurer la fréquence et la
gravité des symptômes associés à la dépression
dans la population et non la fréquence des dépressions ayant
fait l’objet d’un diagnostic clinique. Dans le cadre de l’ELNEJ,
l’échelle permet de déterminer la présence
des symptômes de dépression selon les renseignements fournis
par le parent répondant. La dépression se caractérise
par un manque d’appétit, une incapacité à échapper
à la tristesse ou à se concentrer, un sentiment d’accablement
et un sommeil agité.
En 1998-1999, 88,8 % des répondants, généralement
des mères, ont déclaré ne pas manifester de signes
de dépression.
Que savons-nous du rôle parental au Canada?
Pratiques parentales
Les pratiques parentales comptent parmi les principaux facteurs influant
sur les résultats pour les enfants. Les interactions positives
et le fonctionnement familial sont deux mesures clés des pratiques
parentales. 46

Figure 19: Pourcentage des parents de jeunes enfants démontrant
des pratiques parentales positives,
Canada, 1998-1999

D
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les
jeunes, Cycle 3 (1998-1999)

En 1998-1999, 88 % des parents ont déclaré avoir des interactions
positives au sein de la famille. Les parents qui ont un niveau élevé
d’interactions positives avec leurs enfants tendent à faire
leur éloge, à jouer et à rire avec eux.
Le fonctionnement familial fait référence
aux façons dont les membres de la famille travaillent ensemble
à des tâches nécessaires à la survie de la
cellule familiale.47 Les familles affichant
un degré élevé de fonctionnement tendent à
participer à des activités telles que la résolution
de problèmes, la communication et l’entraide. En 1998-1999,
89,1 % des familles indiquaient un fonctionnement familial positif.
Temps consacré aux enfants
Les chercheurs canadiens se sont
penchés récemment sur les contraintes de temps ressenties
par les parents qui tentent de concilier leurs responsabilités
professionnelles et familiales. Les résultats indiquent une augmentation
constante, au cours des dernières années, du temps que les
parents travaillant à l’extérieur du foyer passent
avec leurs jeunes enfants.48 Il semble également
que la plus forte hausse du nombre d’heures consacrées aux
enfants soit observée chez les parents ayant au moins un enfant
âgé de moins de six ans. Malgré l’intensification
des contraintes de temps attribuable à la recherche d’un
équilibre entre la vie professionnelle et familiale dans les ménages
où les deux parents travaillent à l’extérieur
du foyer, les parents parviennent toujours à passer du temps avec
leurs jeunes enfants. 49

Figure 20: Temps consacré aux enfants âgés
de cinq ans et moins par un parent marié exerçant une activité
professionnelle,
Canada, 1986, 1992 et 1998

D
Source : Adaptation de Jiri Zuzanek, « Le temps consacré
aux enfants : est-ce assez ou trop peu? » dans Isuma – Revue
canadienne de recherche sur les politiques. Été 2001, p.
139. Ces données sont tirées de l’Enquête sociale
générale de Statistique Canada.

Bon nombre de parents de jeunes enfants font appel
à des services de garde non parentaux. En 1998-1999, 45,9 % des
parents ayant des enfants de cinq ans et moins utilisaient principalement
des services de garde en milieu familial assurés par une personne
non apparentée. Par ailleurs, 31,5 % des parents confiaient la
garde de leurs enfants à un membre de la famille (autre que le
père ou la mère) lorsqu’ils ne pouvaient pas s’en
occuper. Enfin, 22,7 % faisaient appel à des services tels que
les garderies, les programmes de garde parascolaire et les maternelles.50
Lecture
aux enfants
Pour beaucoup d’enfants, la lecture de contes fait partie du rituel
du coucher. La lecture initie les enfants au langage et au vocabulaire
tout en favorisant le contact avec un adulte. La lecture aux enfants a
des effets positifs particulièrement marqués sur le comportement
et l’acquisition préscolaire du vocabulaire. 51

Figure 21: Fréquence de la lecture aux jeunes enfants
canadiens,
Canada, 1998-1999

D
Source : Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les
jeunes, Cycle 3 (1998-1999)

En 1998-1999, près de 70 % des enfants âgés de cinq
ans et moins se faisaient lire des contes au moins une fois par jour par
un parent ou un autre adulte (éducateur ou éducatrice en
garderie ou membre de la famille).
Faits saillants
Les parents jouent un rôle important dans la vie de leurs
enfants. Le profil de la famille canadienne révèle
les faits suivants.
- 85,9 % des jeunes enfants vivent dans une famille biparentale.
- La proportion de familles monoparentales a augmenté,
passant de 9,4 % en 1971 à 13 % en 1991.
- Le nombre d’enfants ayant vécu une séparation
parentale avant leur sixième anniversaire a presque quintuplé
depuis les années 1960.
- Plus de 25 % des jeunes enfants sont des enfants uniques.
- Les mères vivent la maternité plus tardivement
que par le passé.
- La plupart des parents estiment que leur quartier leur procure
un sentiment de satisfaction, de sécurité et de
cohésion.
- Près de la moitié des parents ont poursuivi des
études postsecondaires.
- Le nombre de mères de jeunes enfants qui travaillent
à l’extérieur du foyer a augmenté.
- 19,4 % des mères fumaient et 14,5 % ont consommé
de l’alcool durant leur grossesse.
- 84,4 % des familles ayant de jeunes enfants vivent au-dessus
du seuil de faible revenu après impôt.
- 88,8 % des parents déclarent ne pas ressentir de signes
de dépression.
- La plupart des enfants jouissent de pratiques parentales et
d’interactions familiales positives.
- Les parents travaillant à l’extérieur du
foyer passent de plus en plus de temps avec leurs jeunes enfants.
- 69 % des enfants se font lire des contes tous les jours ou
plusieurs fois par jour.
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